COMMERCE
extérieur
DÉPENSE
pour la Marine
' DÉPENSE
pour la Marine
par 1000 fr.
de Commerce
extérieur
Fr.
Fr.
Fr.
Sans doute, ces chiffres sont très sujets à caution : je me suis suffisamment expliqué sur la difficulté qu*on trouve à évaluer exactement les dépenses militaires d'un pays quelconque. Mais on remarquera qu'on est ici en présence d'écarts assez considérables pour que ce classement des diverses nations ne puisse guère être modifié par les corrections qu'il pourrait y avoir lieu d'apporter aux renseignements du tableau; et c'est tout ce qu'il faut pour l'objet que nous poursuivons ici.
Or, on pourra conclure de ces chiffres tout ce qu'on voudra, excepté qu'il y ait proportionnalité, ou seulement un rapport direct de cause à effet, entre le commerce extérieur et la puissance de la marine militaire d'une nation.
On objectera que le commerce extérieur n'est pas seulement maritime, mais s'effectue aussi par les frontières de terre. Si bien qu'on voit figurer sur ce tableau des puissances non maritimes, telles que la Serbie et la Suisse, cette dernière venant d'ailleurs — après les Pays-Bas — en tête du classement par ordre d'activité commerciale. Il est aisé de répondre à cette objection en considérant l'importance relative de la marine marchande des divers États.
Seulement, comme il ne s'agit pas ici d'évaluer leur activité maritime au point de vue purement technique, mais bien leur puissance commerciale de transport maritime, il convient de considérer ici, non le nombre total des navires, ni leur tonnage brut total, mais l'unité employée par des autorités telles que MM. Kiaer, Marcel Dubois, Edmond Théry et Léon Bureau, et que ce dernier a nommée très heureusement « tonneau-puissance-vapeur » (1).
Comme dans le tableau précédent, je rapporterai le tonnage total ainsi obtenu à la population de chaque État, de manière à évaluer la puissance de transport maritime d'un habitant de cet État. Je rapporterai aussi le budget maritime de la puissance considérée à ce tonnage total, ce qui nous donnera un autre coefficient, représentant l'importance du budget de la marine de guerre par rapport à la capacité de transport de la marine marchande. Enfin, sachant que chaque Français, par exemple, dépense 6 fr. 69 pour la marine militaire, et que, pour ce prix, il dispose de 0,0153 tonneaux-puis-
(1) Voici comment on obtient la somme des T.-p,-vp. d'une marine. On ne tient compte que des voiliers jaugeant au moins 50 tonnes de jauge brute, et des vapeurs d*au moins 100 tonnes de jauge brute ; on n'en considère que la jauge nette, qui est inférieure à la précédente de plus de 35 0/0, et qui mesure réellement la capacité commerciale de transport; enfin, pour tenir compte du nombre des voyages que les navires peuvent faire en un temps donné, on ajoute au tonnage net des vapeurs, non le tonnage net des voiliers, mais seulement le tiers de ce dernier.
sance-vapeur, on peut diviser ces nombres l'un par l'autre, pour constater que le tonneau-pùissance-vapeur lui revient à 437 fr. 29, c'est-à-dire à un prix exorbitant, qui n'est dépassé qu'en Russie (1).
On obtient de la sorte le tableau suivant, dans lequel les États sont rangés dans l'ordre de la puissance de transport maritime de leurs habitants :
Tableau VI Marine marchande et marine de guerre
PUISSANCE
Norvège
Grande-Bretagne .
États-Unis
Danemark
Grèce
Suède
Pays-Bas
Allemagne
Turquie,
Espagne
France
Belgique
Italie
Portugal
Autriche-Hongrie Russie
TONNEAUX- PUISSANCE-VAPEUR en 1897 (tonnage net)
Nombre total
lillien de tiBn«s
Par 1.000 habitants
tonnes
BUDGET