LA RELIGION CHRÉTIENNE
La philosophie grecque les humanise, les adoucit, les tempère, par son indulgent anthropomorphisme. La Trinité /'^ «^ sainte, qui réunit, dans son «•^^ ^^ symbole, les trois facultés /f\/ humaines, la volonté, l'intelligence et l'amour, se révèle aux écoles juives et platoniciennes d'Alexandrie ; bientôt le culte de la femme, de la vierge-mère, s'unit au.,dogme trop abstrait du Logos et du Verbe : ainsi, la religion chrétienne est constituée. Elle conquiert le monde des Gentils.
Rome, avant de perdre l'hégémonie politique, recueille ce magnifique legs intellectuel et moral. La papauté romaine donne un centre à l'Europe qui naît.
L'ITALIE Les nations modernes se
MODERNE. mettent en marche.
L'Italie, dans des . alternatives de succès et de revers, de grandeurs et de chutes, tient longtemps le flambeau. A la Renaissance, l'énergie concentrée de ses cités militaires et commerçantes exalte l'individu, crée 1' « homme achevé », le « sublime », se manifeste en ces physionomies incomparables : Léonard de Vinci, Michel-Ange. Puis, elle retombe et elle traîne une vie languissante dans les chemins de la servitude, jusqu'à l'heure où un vigoureux élan intérieur la réveille et la met debout pour « resurgir ».
LESPAGNE L'Espagne et le Portu-
ET LE PORTUGAL, g^l, dans une lutte héroïque contre l'Asie et l'Afrique conjurées, ont sauvé l'Europe; voilà, maintenant, qu'ils la précipitent sur 1 univers ; leurs navigateurs découvrent les nouvelles voies et les nouveaux mondes. Ils parcourent les océans et plantent la croix sur les terres ignorées. Par eux, la langue latine, les moeurs latines régnent. Les rois très catholiques ont conquis « l'Empire où ne se couche pas le soleil » ; et ils ne l'ont perdu, en dépit de la vaillance de leurs peuples, que par l'excessive grandeur et la témérité d'un tel dessein.