‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 11 sur 107 · LA FRANCE SE RÉSUME EN DEUX MOTS : VARIETE ET ÉQUILIBRE · texte numérisé non relu

LA FRANCE SE RÉSUME EN DEUX MOTS : VARIETE ET ÉQUILIBRE

Elle répond exactement à ce que le premier regard nous avait appris. La France est un pays à la fois varié et équilibré. Les montao-nes ne l'encombrent pas : elles l'environnent et la protègent; ses plaines ne sont pas désertiques, ni ses plateaux glacés et balayés des vents. Abritée d'une part et rafraîchie d'autre part, en raison de la proximité de la mer, elle se présente comme un refuge et un séjour de prédilection à l'extrémité des terres européennes. Quand, au moment des premières migrations, l'œil inquiet des premières tribus nomades n'eut plus, devant lui, que l'immense espace des mers, il se réjouit de contempler l'abri que lui offrait la terre de France.

Un paysage français c'est, par définition, un paysage de « coteaux modérés » avec un horizon lointain de montagnes ahières, avec un riche ameublement de forêts et de champs, un commode développement de routes et d accès. La richesse de ce pays vient, précisément, (jà ces nombreuses et souples dénivellations qui )> donnent, partout, une figure si animée. C j(

Les Eaux de France

Ce sol de France, où les montagnes neigeuses déterminent des pentes longues et douces, était fait pour l'écoulement des eaux et ce sont les eaux, en effet, qui achèvent et éclairent la physionomie du territoire français, comme les traits et le sourire distinguent et illuminent un visage.

LES PLAINES Qjaand les étrangers entrent FRANÇAISES. gj^ France, ils sont frappés, d'abord, par la beauté des eaux et l'abondance, la dissémination infinie de la végétation; ils comparent volontiers la terre française à un jardin. Ils ne trouvent certainement pas ici la belle et plantureuse vigueur des herbages anglais, vêtus d'arbres séculaires; ni la verdure uniforme et unie du polder de Hollande où, sur l'horizon nu, le dos de la vache qui paît semble une montagne ; ce n'est pas, non plus, l'élégance gracile et nette, l'essence de beauté qui se dégage du paysage toscan : mais c'est un peu de tout cela à la fois.

La Normandie est verte comme la verte Erin, la Flandre est grasse comme les grasses Belgiques, la Provence est sèche et claire, sous la lumière et le vent, comme si elle devait servir de fond à un tableau de Ghirlandajo ou de Léonard. La France a, en plus, une beauté par laquelle elle se distingue de toutes ses rivales : ce sont les plaines étendues et fécondes paresseusement couchées au soleil, le lone de ses beaux fleuves.

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