‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 18 sur 107 · LE RHONE A · texte numérisé non relu

LE RHONE A

entre les Alpes Dauphinoises et le Massif Central. Michelet a dit : « Il court comme un taureau furieux. » Accru encore par les redoutables rivières de montagnes que sont ses affluents, à droite l'Ardèche, à gauche l'Isère, la Drôme, la Durance, il se gonfle, devient un fleuve magnifique au cours vraiment splendide.

Ah! quel souvenir lumineux que celui de la descente du Rhône en bateau! Partout, sur les hauteurs, la figure des vieux châteaux et des ruines témoigne d'une superbe histoire; les belles et nobles villes du Midi naissent sur ses bords. Orange, Avignon, Nimes, Tarascon, Arles et même Montpellier, même Marseille, lui sont une couronne incomparable. Mais, avant de rejoindre la mer, son cours s'est alourdi. Le poids des alluvions arrachées aux montagnes et qu'il a traînées, en son cours trop rapide, l'entrave et l'arrêté : il se perd dans l'inhabitable Camargue et son embouchure n'est plus qu'une vaste lisière de marais et d'étangs.

Le Rhône, avonsnous dit, est une Loire renversée : pour achever la loi de symétrie, le Rhin est un Rhône contraire et qui, avec les mêmes origines, au Saint-Gothard, s'en va vers les mers du Nord au lieu de oragner la mer méridionale. Ce sont deux histoires contrastées et trop souvent hostiles.

Les affluents français du Rhin, la Meuse, la Moselle avec la Meurthe, suivent la même direction. Voisines de la Saône au départ, comme le Rhin l'est du Rhône, elles se serrent contre le bassin de la Seine, de Domrem5'-la-Pucelle à Givet, comme si elles voulaient rattacher les provinces qu'elles arrosent au territoire français ; mais, à la fin, elles se détournent et rejoignent le Rhin qui leçoit ainsi les eaux nées en France ; avec lui, elles finissent par se perdre dans les terrains sans pente où les eaux et le sol sont indécis, aux abords des mers septentrionales; de même l'Escaut, la Lys,, dont les bassins forment comme une avancée française vers ces fortes et humides Belgiques.

LES PLAINES La Somme, enfin, achève

DU NORD ET LA \q contour et couvre, vers

OUVERT^ Saint-auentin, la France

par excellence : « l'Ile-de- France ». Le territoire reste sans défense sur cette frontière dangereuse qui, trop près de la capitale, est une porte pour les alternatives de l'histoire, porte ouverte sur l'inconnu, sur l'avenir.

f/!0(. Corcetlp PIERRE-CHATEL

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