‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 22 sur 107 · LES SAISONS FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LES SAISONS FRANÇAISES

Les couleurs, les parfums entrent en lice ; mais on dirait que l'éclat surtout grandit et s'affirme, au fur et à mesure que le soleil monte sur l'horizon, entraînant vers lui la poussée des splendeurs que la terre lui offre comme un hommage. Les brindilles et les bourgeons, les fleurs elles-mêmes gardent d'abord la couleur rousse du sol ; peu à peu, voici les demi-tons, mauves, roses, diaprés, les blancs même se ris-

quent ; puis, en juin, juillet, août, quand le soleil règne, éclate la fanfare des rouges, des bleus intenses, des ocres ardents et des pourpres.

A l'automne, les dernières richesses végétales s'épanouissent avant de périr ; les fruits ont mûri, les grappes pendent aux pampres et off^rent leurs globes mordorés et juteux ; les coques, les écailles, les cosses montrent leurs têtes, leurs cornes ou leurs croissants ligneux ; les feuilles jaunissent et tombent, la nature reprend son vêtement roux et elle abrite, sous la même uniformité boueuse de l'hiver, les germes délicats et les tendres rejetons réservés aux floraisons et aux récoltes futures.

Combien de pays de notre France mériteraient de s'appeler, comme le pays de Jeanne d'Arc, Wiucouleurs, le val des fleurs! Souvenezvous du mot de Jean-Jacques : « J'ai dit à ma femme : Quand tu me verras malade et sans espérance d'en revenir, tais-moi porter au milieu d'une prairie, sa vue me guérira. »

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