CHARLEMAGNE
La Patrie française
pied du passant foule sans abaisser leur entêtement orgueilleux.
Ceux qui, aujourd'hui, prétendent rejeter le lien national, ceux qui croient pouvoir vivre seuls, sans apporter à l'œuvre générale les sacrifices, d'ailleurs légers, qu'elle réclame, ceux-là n'ont qu'à relire l'histoire du moyen âge : ils verront ce qu'était la vie particulière, quand il n'y avait ni ordre, ni discipline, ni prévoyance communs.
Sur chaque motte de terre, une forteresse était élevée où s'enfermaient des hommes d'armes qui, sous la conduite d'un chef brutal, tenaient sous leur coupe tout le « plat pays ».
On voit encore une image de ces temps affreux dans certainesrégions de l'Afrique où les Touareg et d'autres peuples pillards exploitent les tribus paisibles des oasis et les soumettent à des razzias régulières pour profiter de leur travail et ramasser le plus clair de leurs récoltes.
Entre chaque petite principauté c'était, en outre une guerre perpétuelle; les hommes étaient réquisitionnés pour renforcer ces minuscules armées employées presque exclusivement à la destruction ; ceux qui n'étaient pas soldats par goût, le devenaient par force, et le tout aboutissait, en fin de compte, à un continuel et constant pillage et brigandage.
11 n'y a pas lieu d'insister sur ce tableau souvent peint et repeint. Peut-être même a-t-il été parfois trop assombri. On ne peut nier que, dans cette société si disloquée et si troublée, il ne se soit produit des œuvres magnifiques, comme les premières cathédrales gothiques, qu'il n'ait même fleuri une certaine civilisation, surtout dans les villes qui avaient gardé quelque chose de l'empreinte romaine.