‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 33 sur 107 · L'UNITE FRANÇAISE ŒUVKE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

L'UNITE FRANÇAISE ŒUVKE DE LA FRANCE

Qu'on suive, dans sa gestation laborieuse mais soutenue, l'entreprise à la fois militaire et pacifique qui porta peu à peu les limites du royaume de France jusqu'aux frontières actuelles : la France alla en « s arrondissant » du centre aux. extrémités, parce que de nouvelles couches nationales se déposaient sans cesse et spontanément sur le premier noyau résistant.

Dans l'ordre féodal, le suzerain était le chef suprême de tous les vassaux : c'est à la faveur de ce principe reconnu par tous que le roi de France se fit accepter comme le régulateur légitime de la vie publique, qu'il put appeler à sa barre les seigneurs et « réunir à sa couronne », comme on disait, les territoires sans maîtres ou dont les maîtres avaient abusé. Cette entreprise des rois de France ne fut pas toujours exempte de fraudes, de dol et de violence ou de fourberie ; mais elle s'appuyait sur une idée juste, sur une nécessité inéluctable; c'est pourquoi, grâce à la ténacité de la famille royale elle-même et grâce à la collaboration latente ou publique des peuples, elle finit par se réaliser.

On compte qu'il y avait en France, au moyen âge, une centaine de principautés indépendantes sous le nom de royaumes, duchés, comtés, seigneuries, etc., et a^ant chacune leur gouvernement, leurs armées, leurs tribunaux, leurs lois, leurs coutumes, leur politique. C'est cet échiquier compliqué qui devait, en quatre siècles, être ramené à une seule et même nation, tout en se défendant contre les invasions qui, pendant ce même temps et le plus souvent à la faveur des guerres civiles, ne cessèrent de le menacer sur toutes les frontières. Luttes intérieures contre les grands seigneurs féodaux, luttes extérieures contre les armées d'envahissement, contre les Ano-Jais contre les Allemands, contre les Espagnols,

contre les Italiens, tels furent les devoirs complexes des siècles qui formèrent la nationalité française.

Partant du centre, on voulait atteindre les frontières de l'ancienne Gaule ; mais on trouvait en route les résistances seigneuriales et, sur les frontières mêmes, les agressions extérieures. Rien d'étonnant que l'œuvre ait été longue. Elle est accomplie, et il subsiste, malgré tout, une nation entière, sinon achevée' — et c'est la France !

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créée. Elle représente une longue et tenace collaboration des cœurs ; il n'est pas une famille qui n'ait versé son sang pour que cette union soit accomplie. Si nos ancêtres, si nos pères l'ont voulue ainsi, c'est qu'ils y ont trouvé leur avantage, leur plaisir et leur honneur. Qui songerait à se passer d'une patrie?

De grands adolescents essayent de rompre avec la maison paternelle; mais s'ils tentent une escapade, ils reviennent bien vite, morfondus. Qu'y a-t-il de plus chaud et de plus doux que le sein d'une mère? Vous trouvez, dans ce giron, le repos, la confiance, le réconfort comme vous y avez trouvé, jeune, les caresses et le lait. Ainsi de la mère-patrie. La mère-patrie, ce n'est pas seulement le sol, le climat, les ressources matérielles, le bien-être indéfiniment accru par le travail des aïeux et des générations qui vont se transmettant l'oeuvre du progrès, c'est surtout le bonheur qu'éprouve tout homme, tout cœur digne de ce nom, d'avoir à aimer quelque chose de plus grand que soi, de plus durable que soi, de plus noble que soi. La vie individuelle est courte et sèche comme une branche morte si elle ne reçoit pas la sève de cet arbre magnifique, florissant et, verdoyant, porteur d'ombrage et porteur de fruits depuis des siècles et pour des siècles, la patrie. ■

Vivons donc de cette vie glorieuse et reposons-nous à cette ombre auguste. Quand l'heure de la mort sonne, celui qui a aimé la patrie ne, meurt pas tout entier. Végéter sans patrie, c'est mourir de sécheresse, de stérilité et d'ennui.

Seriez-vous le prisçnnier de votre orgueil et de votre outrecuidance que vous ne pourriez pas vivre seul. Alors?.".. Aimez donc votre pays et votre tamille, c'est bien plus simple : on n'a rien trouvé de mieux.

Aimez votre pays, surtout quand ce pays, cette grande famille s'appelle la France et que ceux qui l'habitent y jouissent, par la collaboration de la nature et de l'histoire, d'un climat sain, d'un ciel pur, d'une douceur de vie supérieure à celle de toute autre partie du monde, avec, au-dessus, le rayonnement splendide de la liberté.

Les Batailles Françaises

DN ARCHER ET UN ARBALJiTRlER DU TEMPS DE LA GUERRE DE CENT ANS.

/D'après une miniature./

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