‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 50 sur 107 · TROISIÈME CROISADES · texte numérisé non relu

TROISIÈME CROISADES

La seconde croisade eut lieu en 1147, cinquante ans après la première. Préchée par saint Bernard, commandée par le roi de France Louis VII et par l'empereur d'Allemagne Conrad III, elle échoua.

Ascalon et Jérusalem furent prises par Saladin en 1187, moins d'un siècle après la première conquête des Lieux Saints. Trois souverains de l'Europe firent trêve à leurs querelles et partirent, en 1189 etii90: c'étaient Frédéric Barberousse, empereur, qui se noya en Cilicie, Philippe Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre : celui-ci était

le plus brave, mais Philippe Auguste était le plus habile. Il laissa Richard Cœur de Lion s'épuiser au siège d'Acre eu de muhiples combats glorieux sans résultats décisifs, et lui, revenant rapidement en Europe, envahit^ les États continentaux de son rival. La troisiènie croisade n'eut que des résultats précaires.

Désormais, ces expéditions sont détournées de leur véritable objectif : ce que se proposent maintenant les chefs qui les dirigent, c'est moins la délivrance du Saint-Sépulcre que la conquête de l'Orient, non seulement sur les musulmans, mais aussi sur les Grecs, qui étaient, pourtant, des chrétiens.

PRISE DE Laqua-

CONSTANTINOPLE. trième croisade, commandée par Boniface de Montferrat, s'empara de Constantinople, capitale de l'empire byzantin, et installa, sur les ruines de cet empire, des dominations franques dans la péninsule des Balkans, en Grèce, en Morée (1204).

La cinquième croisade, à laquelle la France resta étrangère, eut pour but l'Egypte et s'empara de Damiette (12 19). La sixième croisade, qui fut surtout allemande et commandée par Frédéric II, reprit temporairement Jérusalem.

SAINT LOUIS La septième et la huitième

AUX CROISADES. croisade enfin, furent commandées par le plus grand roi français du moyen âge, saint Louis. Il crut, lui aussi, qu'il était préférable d'attaquer la puissance musulmane dans ses citadelles principales, en Egypte, à Tunis, plutôt qu'en Palestine et en Syrie. Il prit Damiette d Egypte ; mais, après la défaite de Mansourah infligée par les musulmans à son frère le comte d'Artois, il fut fait prisonnier et ne recouvra la liberté qu'en restituant Damiette.

Sur la fin de son règne, il se croisa de nouveau et organisa une puissante expédition (1270) : cette fois, il se dirige vers Tunis. Il prend le château, mais meurt de la peste. Cette tentative avortée n'en fut pas moins le prélude lointain de la conquête de la Tunisie par la France. Nos troupes retrouvèrent, en 1880, le souvenir du roi vaillant et pieux qui leur avait ouvert les voies.

Ce fut la fin des croisades. En Syrie, An-

tioche, Laodicée, Tripoli et, enfin, Ptolémaïs capitulèrent successivement (1285-1291); après deux siècles, la merveilleuse aventure qui avait coûté tant de sang, dépensé tant de vaillance, d'héroïsme et d'énergie, fut close pour l'histoire.

Page 1