‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 63 sur 107 · LES INCUNABLES · texte numérisé non relu

LES INCUNABLES

L'imprimerie avait été inventée sur les bords du Rhin, dans la région placée sous l'influence de la puissante vassalité bourguignonne ; mais elle tut vite installée à Paris. Bientôt l'imprimerie française, à Paris et à Lyon, fut la digne émule de l'imprimerie italienne ; l'une

et l'autre furent longtemps sans rivales. Ces beaux livres du xv« siècle, qu'on nomme les incunables, parce qu'ils se rattachent aux plus anciennes origines, sont surtout français ou italiens. La langue française devenait de plus en plus le véhicule des idées. La France, héritière par Paris, de l'hégémonie universitaire du moyen âge, tendait à représenter la diversité et l'équiliore parmi les autres nations européennes.

RÉVOLUTION ^ Ce sens de la pondéra-

DANS LES IDEES. ^Jon et la mes,ure, la France eut à l'exercer, alors, dans une des circonstances qui décidèrent de l'avenir de l'humanité. En Allemagne et bientôt en Angleterre, la Réforme l'emportait. Les abus de l'Église romaine, la corruption des mœurs dans une partie du monde clérical, les scandales de la cour pontificale, la simonie, la vente des indulgences et le trafic des autels, la corruption dans les doctrines et les idées, non moins que dans les mœurs, avaient provoqué, par tout le monde chrétien, des ferments d'indiscipline et de révolte. Les esprits les plus nobles et les âmes les plus fières étaient les plus amers censeurs de l'état de choses existant.

LA RÉFORME. Depuis

saint Bernard jusqu'à Jean Cierson, depuis Pierre d'Ailly jusqu'à Clémengis, tout le monde avait réclamé une « réforme ». La catholicité, affaiblie et désemparée par le « Grand Schisme » , qui avait vu, en même temps, trois papes sur le tiône pontifical, sentait les peuples se détacher d'elle. La plupart des nations chrétiennes refusaient « l'obédience ». A peine le mal était-il réparé à Rome, par la fin du Grand Schisme et l'élection de Martin V, que le Saint-Siège subissait une nouvelle épreuve. Les papes du XVI* siècle, mêlés trop étroitement aux querelles des principautés italiennes, s'engagaient dans des affaires temporelles malheureuses et qui les ruinaient. Le Souverain Pontife, vicaire du Christ sur la terre, ne paraissait plus qu'un chapelain des empereurs et des rois.

LUTHER. Luther parut. Moine au-

gustin, il s'arracha violemment à sa congrégation, rompit avec la discipline et, enfin, avec l'unité romaine; il fonda, en Allemagne d'abord, puis dans la plupart^ des pays germaniques du Nord, uiie nouvelle Eglise, l'Eglise de la « Réforme », l'Église réformée, appelée généralement, en France, Eglise protestante parce qu'elle proteste contre certains dogmes et certains rites de l'Eglise

catholique. On eût pu croire que l'Europe entière, avec l'Allemagne et l'Angleterre, serait entraînée dans le mouvement. Cependant, les pays méridionaux, notamment l'Italie, l'Espagne, l'Autriche, la Bavière restèrent attachées à l'Eglise romaine.

Quel parti prendrait la France? Sa détermination pouvait être décisive. Selon qu'elle se jetterait dans l'un ou dans l'autre des plateaux de la balance, celui-là l'emporterait.

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