CATHOLIQUE
MARTIN LUTHER {D'aprèt le poriiait du Musée de Florence Photographie Alinari.)
Elle fut longtemps en proie aux hésitations et aux doutes. A la cour de François 1" et de Henri II, dans les centres intellectuels universitaires, dans les parlements, dans l'aristocratie, les sentiments étaient partagés. Une guerre civile affreuse se déchaîna, épuisant les ressources et les forces de la nation. Le duel était dans les consciences plus encore que sur les champs de bataille.
La France faillit y périr.
Une mesure prise par le roi François I^^ avait sagement écarté du conflit une des difficultés les plus graves, celle de la sécularisation des biens ecclésiastiques. L'Eglise était si riche qu'on ne pouvait, sans péril, la laisser détentrice presque unique de cette fortune accumulée. Or, par le Concordat de François I^"" et de Léon X la question avait été réglée pour la France. Les « bénéfices ecclésiastiques » étaient mis à la disposition du gouvernement des rois, sauf entente avec les papes.
LE CONCORDAT Cette difficulté aplanie, la DE FRANÇOIS I«f. question de conscience restait. Oui ou non, la France serait-elle catholique, serait-elle protestante ?
Après la longue épreuve des guerres de religion, elle eut la sagesse de ne pas se prononcer en tant que corps national sur le débat de doctrine et de conscience; la conclusion de ces longues et inexpiables querelles fut de laisser à chaque citoyen la liberté du choix individuel.
La France de la Renaissance, la France de Rabelais et de Montaigne se prononça pour la tolérance. Cette haute et sage décision prise par la France en pleine connaissance de cause, ne fut sanctionnée qu'après cinquante ans de guerres, au temps de Henri IV.
Henri IV et la Tolérance