‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 69 sur 107 · NECESSITE DE LA TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

NECESSITE DE LA TOLÉRANCE

Il rompait en visière aux pédantismes et aux absolutismes sectaires; il disait en riant ce que pensaient tous les et bons Français », à savoir que peu importent les quali-r fications et les noms pourvu que l'homme soit loyal, sincère et bon. Semer la haine entre des concitoyens, entre des frères, au nom de doctrines qui invoquent la justice et la paix, cette 'contradiction est insupportable au génie de la race. Etes-vous donc si sûrs de la vérité, que vous croyez détenir, pour prétendre l'imposer aux autres par la force? et, quand même, est-ce l'ordre qui vous est donné? où trouve.:-vous un pareil enseignement et de tels exemples T

V La France avait si cruellement souffert de ses longues dissensions religieuses, tant d'hommes avaient péri, tant de bûchers avaient été allumés, tant de massacres froidement ordonnés et exécutés, la vie commune était devenue si insupportable que cela ne pouvait pas durer davantage. C'était fini.

Après une si cruelle expérience de la vanité impuissante, de la haine et de la violence, on était bien obligé de reconnaître que la foi ne s'impose pas par le fer et par le feu ; mieux valait en venir à se supporter les uns les autres, à se « tolérer ».

La tolérance, telle fut la conclusion des guerres religieuses qui avaient mis le pays à deux doigts de sa perte.

La France fut la première des grandes puissances européennes qui sut inscrire ce principe dans son régime politique et dans ses lois. C'est peutêtre son plus grand titre d'honneur etle plus grand des services rendus par elle à la cause de l'humanité.

LES VICTOIRES Henri DE HENRI IV. IV fut

l'ouvrier puissant et ingénieux de cette œuvre immortelle. Il la réalisa par deux procédures, dues l'une et l'autre exclusivement à sa nature si sympathique et si admirablement douée : il la réalisa d'abord, à coups de victoires; s'il n'eût été le soldat brave, brillant et heureux qu'il^ sut être, s'il n'eût remporté des succès décisifs à Arques, à Ivry, à Fontaine-Française, s'il n'eût chassé l'ennemi du sol français et s'il n'eût imposé de loi aux deux partis rivaux, les dissensions civiles se seraient perpétuées. Quand on veut agir en maître, il faut être le maître ; pour conduire les hommes vers l'idéal qu'on se propose, il fautlesgagner, d'abord, par de hauts mérites et par de grands services.

Henri IV, victorieux, réalisa ensuite ses conceptions par l'ingéniosité avec laquelle il sut satisfaire, de part et d'autre, les aspirations rivales. Son coup de maître fut la rédaction de l'édit de Nantes. Védit de Nantes, ces trois mots seront, désormais, dans le langage de l'histoire, synonymes de pacification et de sagesse équitable.

nisés en une sorte de fédération à demi indépendante, ils conservaient leurs états-majors, leurs armées, leurs places fortes, touchaient leur part des impôts, tenaient des assemblées particulières et obtenaient une représentation spéciale auprès du gouvernement. Ces avantages étaient énormes ; en les leur reconnaissant, Henri IV constituait, comme on l'a dit depuis, un Etat dans l'Etat. Un jour ou l'autre, cette situation spéciale était appelée à disparaître : Richelieu devait l'anéantir, sous le règne suivant, en prenant la véritable capitale du protestantisme français, La Rochelle.

Mais, au moment où Henri IV traitait avec le parti réformé, ces concessions, si larges qu'elles fussent, étaient nécessaires. Elles mettaient fin aux discordes civiles et un tel résultat ne pouvait être payé trop cher.

PARALLÈLE DE PHILIPPE n ET DE HENRI IV.

Henri IV fut vrai-

LES TROUPES ESPAGNOLES ClUITTENT PARIS

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