‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 73 sur 107 · LE CREPUSCULE DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE CREPUSCULE DU SIÈCLE

humain, s'il n'eût brie du malheur.

Le siècle n'eût pas été complet, il n'eût pas été connu l'auréole assom- La fin d'un règne trop prolongé fut attristée par la défaite, par les deuils public et privés. Louis XIV avait détruit l'œuvre si sage de son grand-père, en révoquant l'édit de Nantes. Il divisait ainsi, de nouveau, l'âme française. En portant atteinte à l'unité, il portait atteinte aux bases mêmes de sa puissance.

Louis XIV pesait à son peuple. Il avait vieilli et le siècle avait vieilli avec lui. Par les défaites et les frontières en péril, le dégoût croissait, l'opposition s'affirmait; on cherchait de nouvelles formules, de nouveaux horizons.

Un familier de la cour, un prélat qui manqua l'occasion d'être ministre, mais qui fut un saint homme et un grand écrivain, Fénelon, exprima ces sentiments obscurs où il y avait surtout une aspiration vers des lendemains tout proches. Il écrivit, pour le duc de Bourgogne, héritier du trône, ce poème en prose, le Télémaque, qui n'est que la censure, à peine déguisée, du grand roi et du grand règne. Montesquieu raille et plaisante, dans les Lettres persanes, cette majesté surannée et ces perruques démodées. La magnifique façade s'est lézardée, l'édifice est miné. La critique est à l'œuvre : le xviii^ siècle, le siècle des « philosophes », est déjà commencé.

1^ L'Age Philosophique ou Critique 'À

Le XVIIIe Siècle

Page 1