‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 87 sur 107 · GÉNIE CLASSIQUE · texte numérisé non relu

GÉNIE CLASSIQUE

La vie, l'art se sentent tenus à des réalités plus sévères. On voit s'accomplir, même chez les adeptes survivants, une révolution intime qui les rapproche, comme à regret, de la pureté classique. Le retour à l'antiquité est déjà sensible dans la Légende des Siècles; il s'affirme chez les poètes de la lumière, Théophile Gautier, Théodore de Banville, Leconte de Lisle. Personne, en 1840, n'eût plus osé traiter Boileau de perruque et Racine de polisson.

Déjà, le génie de Balzac a brisé les cadres. Quoiqu'il ait évoqué un monde légendaire, dans le drame, aux cent actes divers, de la Comédie humaine, l'intensité de son observation, l'acuité de son regard donnent, à ses inventions les plus hardies, la silhouette de personnages vivants. Le père Goriot, le colonel Chabert, Rastignac et Rubempré sont des types, mais ce sont aussi des hommes.

Stendhal, moins abondant, moins dispersé, est un autre notateur de la vie vécue. Certes, Julien Sorel n'a oublié ni lord Byron, ni Chateaubriand, mais la vision de l'artiste est autre: elle découvre des gestes et saisit des accents qui eussent échappé aux grands aînés. Stendhal dit, dans une parole quasi prophétique, qu'il ne sera compris que cinquante ans après sa mort.

LA RÉVOLUTION La révolution de 1848 DE 1848. fait la coupure définitive.

1848 tut un accès de romantisme social généreux, mais impuissant parce que prématuré. Il est beau qu'un poète ait conduit une nation dans cette crise de foi, de charité et d'illusion. 1848 rompt avec la bourgeoisie des « classes dirigeantes », installe le suffrage universel, ouvre la porte à la démocratie. Cette révolution soudaine pose tous les problèmes. Mais, pour les aborder et les traiter, sinon les résoudre, il faut étudier, s'appliquer, voir les choses comme elles sont, à la lumière de l'expérience et des faits. C'est, maintenant, l'âge de la science et des réalités.

L'Age Réaliste et Scientifique

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