‹ Ce que disent les aïeuxChapitre 88 sur 107 · FIN DU ROMANTISME · texte numérisé non relu

FIN DU ROMANTISME

TAINE Cl. Braun et C''

Le romantisme avait, jusqu'à un certain point, arraché la France a elle-même. Le génie de ce peuple, mesuré et clair, n'était pas fait pour cette outrance et cette grandiloquence soutenues. L'heure était venue où le fleuve débordé devait rentrer dans son lit. L'année 1848 sonna cette heure. Après le téméraire essai de romantisme social qui avait abouti aux journées de juin, il fallait reprendre les sentiers battus, à une allure plus modérée.

Cependant, des doctrines de 1848 il était resté deux survivances : au dehors, le principe des nationalités ; au dedans, le suffrage universel et le gouvernement de la démocratie.

On eut dès lors, par toute l'Europe, le sentiment que les peuples, les nations ne sont

f)as un héritage transmis de père en fils, dans es familles souveraines, ni l'enjeu des grandes combinaisons politiques, mais que les molécules qui les composent se rapprochent et s'agglomèrent en vertu de lois naturelles aussi puissantes et aussi inéluctables que les lois de la formation des corps dans le règne physique et organique.

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