LE SECOURS PUBLIC DÛ AUX PAXJVRES ET AUX MALHEUREUX
La société doit plus encore; elle doit secours et appui aux pauvres, aux enfants, aux vieillards, aux femmes, aux malades, aux individus que le malheur accable ou que la faiblesse physique rend impuissants dans la lutte pour la vie. La richesse des favorisés a cette contre-partie indispensable, et si leur propre sentiment ne les y pousse pas, si la prudence même ne persuade pas leur égoïsme, que la loi y mette la main ! Dans un pays riche, personne ne doit souffrir de la faim, ni subir une misère
implacable. Tel est le signe distinctit d'un peuple civilisé.
Certes, l'Etat n'est pas un marchand de bonheur. Il ne peut assurer à tous une répartition constamment égale de tous les avantages de la fortune, mais, après avoir veillé à ce que le travail soit équitablement récompensé, il doit garantir, selon ses ressources, à chacune des familles qui le composent, un quotient de bien-être et de sécurité.
INTERPRÉTATION Liberté, égalité, Jratemité, DE LA DEVISE \^ devise révolutionnaire
FRANÇAISE. ^^^ p^^^. p^j-igj- pi^g exac-
tement, la devise française, a été souvent raillée. On dit — non sans raison, hélas! — qu'il est plus facile de l'inscrire sur les murs que de l'introduire dans les mœurs et dans les lois. Qui niera, pourtant, que cette formule ne soit heureuse, puisqu'elle tempère la première des nécessités sociales, la justice, par le plus naturel des sentiments, l'amour du prochain?
Liberté, égalité, fraternité, cela revient à dire que l'homme doit trouver, dans la société, la sécurité de l'existence, la dignité de sa vie, l'emploi de ses facultés, et le secours mutuel en cas de détresse ou d'infortune. Ramenée à ces notions simples, — hors du fracas politique, — cette belle formule exprime, une fois de plus, dans ses trois termes, l'idéal que se sont dicté à elles-mêmes et que se sont transmis, en le purifiant successivement, toutes les religions, toutes les philosophies, toutes les sagesses, c'est-à-dire, en un seul mot, pris dans son sens le plus large et le plus profond, VhutJianité.
N'envisageons que la France. Nous dirons, en terminant ces études, quel est son lot parmi les autres peuples; mais, pour ce qui touche sa vie intérieure, c'est à la poursuite de cet idéal qu'elle s'est consacrée au cours de ces longues annales et qu'elle doit se dévouer dans l'avenir.
ORDRE INTIME Ainsi se maintiendra, dans
DU PROGRES un progrès incessant, 1 é-
FRANÇAIS. quilibre harmonieux d'une
nation si heureusement douée et si avantageusement partagée ; ainsi s'établira une juste réciprocité des services et des devoirs entre la patrie et ses enfants.
Appuyé sur ces raisons profondes, une fois bien connues et discernées, le patriotisme trouve sa base indestructible. Il n'y a pas de progrès possible, d'amélioration individuelle et sociale hors de l'union et de la coordination des efforts. Malheur à l'homme seul, v^ soli! Le citoyen libre dans une société libre, égal parmi les égaux, frère parmi des frères, aura atteint la plus parfaite réalisation de l'existence humaine, s'il est tout bonnement, et tout uniment, comme furent ses pères, un bon Français parmi de bons Français.
L'Idéal Français
A la fin de ces esquisses rapides, essayons d'indiquer la place que la France tient parmi les peuples de 1 univers. Son histoire a un sens, une portée, elle suit une courbe aui, par le trajet accompli, permet de calculer 1 orbite qui est la sienne dans la constellation des peuples civilisés.