BUFFON
4 afrèt une rttamyt de la Bibliothèque nationale).
BufFon a écrit avec quelques collaborateurs, mais en se réservant les plus importants morceaux, une Histoire naturelle, c'est-à-dire une histoire des minéraux, des végétaux et surtout des animaux. Il débute, \prés quelques considérations générales, par jne sorte de portrait de la Terre considérée en son ensemble. Le globe que nous habitons est un globe qui semble être choisi et privilégié. Il n'est ni trop voisin ni trop éloigné du Soleil; il n'est pas froid comme Mars, Jupiter, Saturne; il n'est pas brûlant comme Vénus et Mercure. En tous cas,
il 'est extrêmement — ^
beau, à le regarder lui-même et sans comparaisons qui ne :. -.^.u-a».pourraient être que " *""
peu informées.
Avec quelle magnificence la nature ne brillet-eile pas sur la terre !
Une lumière pure,s'étendant de l'orient au couchant, dore successivement les hémisphères de ce globe ; un élément transparent et léger l'environne ; une chaleur douce et féconde anime, fait éclore tous les germes de vie; des eaux vives et sali'-3!re.>> '-t-rvent à leur entretien, à leur accroissement ; .les éminences distribuées dans le milieu des terres arrêtent les vapeurs de l'air, rendent ces sources intarissables et toujours nouvelles; des cavités immenses faites pour les recevoir panagcnt les continents.
Ceci est le tracé général de la Terre, le premier crayon marquant les traits généraux. Buffon va maintenant peindre, à larges coups de brosse, la mer, l'air et la terre proprement dite.
La mer :
L'étendue de la mer est aussi grande que celle de la terre; ce n'est point un élément froid et stérile [Homère disait la mer où Von ne récolte pat, et il avait raison; mais les traducteurs ont tort de traduire par : la mer stérile; la mer est aussi animée, vivante et féconde que la terre], c'est un nouvel empire aussi riche, aussi peuplé que le premier. Le doigt de Dieu a marqué leurs confins : si la mer anticipe sur les plages de l'occident, elle laisse à découvert celles de l'orient. Cette immense nappe d'eau, inactive par elle-même, suit les impressions des mouvements célestes; elle se balance par des oscillations régulières de flux et de reflux; elle s'élève et s'abaisse avec l'astre de la nuit; elle s'élève encore plus lorsqu'il concourt avec l'astre du jour et que tous deux, réunissant leurs forces dans le temps
, des équinoxes, causent
les grandes marées. Notre correspondance avec le •;iel [c'est-à-dire le lien .'ntre le ciel et nous, la dépendance où nous sommes du ciel) n'est nulle part mieux marquée. De ces mouvements constants et généraux résultent des mouvements variables et particuliers, des transports de terre, des dépots qui forment au fond des eaux des LA MER éminences semblables à
cel'es que nous voyons sur la surface de la terre, des courants qui, suivant la direction de ces chaînes de montagnes, leur donnent une figure dont tous les angles se correspondent et coulent au milieu des ondes comme les eaux coulent sur la terre, sont en effet les fleuves de la mer.
Ainsi la mer est une énorme masse liquide S3n«t cesre agitée, sans cesse en mouvement, non seulenient à sa surface, mais à une grande profondeur, et elle a des mouvements généraux qui sont le flux et le reflux (sensibles, quoique moins vastes, même dans les mers inté-
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iPholOf/raphie Hachetic.