ISRAËL EN ÉGYPTE, DE HÆNDEL
L’oratorio de Hændel Israël en Égypte fait songer à ce que pouvait être la musique chez les Hébreux : la plupart des chœurs en donne l’idée. Quand Moïse, Aaron et leur sœur la prêtresse réunissaient le peuple dans une fête religieuse, on devait chanter des hymnes semblables à ceux dont Hændel a eu l’intuition. Ce qui ne rappelle plus du tout les temps hébraïques et le désert, c’est l’harmonie, la partie exécutée par l’orchestre, absolument opposée au chant rituel des chœurs. Elle déploie les pompes royales de la cour du grand siècle. Tous les instruments à cordes et à vent, trombones, clarinettes, basses, violons, tous semblent former un cortège de sons majestueux, qui s’avance avec une solennité pontificale et royale.
J’ai aussi la vision d’une immense toile de Lebrun ou mieux encore de Tintoret, où la multiplicité des ligures