‹ Ce que dit la musiqueChapitre 21 sur 103 · ISRAËL EN ÉGYPTE, DE HÆNDEL · texte numérisé non relu

ISRAËL EN ÉGYPTE, DE HÆNDEL

et des mouvements produit une certaine confusion, mais qui vous frappe par la richesse et la noblesse de la composition.

Cette analogie n’est plus exacte à propos des chœurs. Ils sont d’une extrême simplicité et contrastent avec la très savante et très hiérarchique orchestration.

Comme toujours, la colère de Jéhova plane sur l’Oratorio. Après ses éclats fulgurants, succède une lamentation mélodieuse qui cherche à désarmer l’inexorable.

Les Oratorios me représentent en musique ce que les Pietà , les Descentes de croix sont en peinture.

Remarquons en passant le rôle important, le rôle immense de la femme chez les Hébreux : prêtresse, pontife, la sœur d’Aaron et de Moïse est l’égale du prophète, du législateur. Chez les Gaulois et les Germains, mêmes attributs sacrés. 11 appartenait aux temps modernes de réduire la femme à n’èlre qu’un jouet charmant, une poupée. Mais nos écoles républicaines pour les jeunes fdles vont transformer tout cela.

Revenons à Hændel. Même à une première audition, l’oratorio Israël en Égypte est plus facile à saisir que tant d’autres œuvres religieuses. Quelle variété infinie de chants (office divin, chant de victoire.) La grande richesse consiste dans rinstrumentation, dans l’accompagnement du chœur. Le motif c’est une invocation à la clémence de Jéhova.

Parfois, la musique de Hændel me semble un art

encore hiératique, comme s’il avait seulement développé l’ancien chant d’église des vieilles abbayes anglicanes; alors il me fait l’effet d’un Cimabuë musical. Mais c’est du Giolto, quand j’entends le sublime chœur des Machabées : Chantons victoire!

Encore un souvenir sacré... Ne touchons pas à cette chère relique.

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