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ORATORIO D’ELIE, DE MENDELSSOHN

L’Oratorio d’Elie de Mendelssohn, après la Symphonie héroïque , est d’un choix bien*sévère : on eut aimé une musique plus sereine.

L’Ouverture et le Récit sont écrits dans ce style inaccessible à un profane de mon espèce.

Voilà bien une autre bataille d’accords et de fugues! Escrime et lactique de notes solennelles; musique théologique, dogmatique, orthodoxe autant qu’hébraïque, où éclate le génie belliqueux d’Israël. On est en pleine Bible, mais aussi en pleine histoire ecclésiastique, sur les confins de l’Exégèse. C’est bien le prophète Élie; mais ce sont aussi les controverses des Pères de l’Église, les Schismes et les Conciles mêlés au Décalogue, au Deutéronome. Les menaces éclatent dans le chœur, stridentes, violentes. Par moments, une voix éplorée se détache : « Nous implorons ta clémence! »

Les sublimités terribles des prophètes, des sibylles de la chapelle Sixline, les oraisons funèbres de Bossuet sont égalées, dépassées par l’éloquence foudroyante et sombre de ces imprécations à grand orchestre. Non, ce n’est plus ma divine musique. Je n’admets pas que cette langue du ciel signifie : Épouvante, grincement de dents.

Foi et terreur d’un autre âge.

Que les murs sacrés d’une cathédrale, d’un cloître, retentissent de ces chants implacables, à la bonne heure. Ici. au Conservatoire, il faudrait les réserver au ven-

dredi saint.

Dix-huit cents ans de luttes religieuses après six mille ans de colère biblique, la fureur de Jéhova, tel est cet Oratorio. 11 n’y a que les anges dont je n’ai pas entendu

la voix.

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