SUITES EN SI MINEUR, DE DACH
d’un propos enfantin dans la bouche d’un savant qui veut se délasser par une boutade souriante.
A la reprise, la Radinerie s’enricbit d’un refrain champêtre d’une pénétrante mélancolie, d’une finesse et d’une ténuité de sons prolongés par l’écho dans la profondeur des bois. Celte seconde partie est un cbef-d’œuvre de musique rustique ; elle fait respirer l’humide fraîcheur des clairières, le parfum d’écorce d’arbre, là où sont nichés bouvreuils et linottes; ils chantent à tue-tête leurs duos qui nous reposent des Cantates et des Oratorios. Pour bien marquer la part de la nature et la part de l’homme, Bach fait à celui-ci l’accompagnement en mineur et les joyeux oiseaux gazouillent gentiment en ton majeur.
En écoutant les fragments de la Suite en si mineur, on arrive à une singulière définition : Musique tout en gestes, en mimique. Cela fait l’effet d’un ballet de notes, un divertissement de noires et de double croches. Les pas cadencés, les entrechats, les sauts périlleux, les tours de force, les trilles exécutés par les pieds d’une Taglioni ou de llosila Mauri, tout cela est rendu visible dans celte musique. Parfois aussi les salutations, les révérences profondes du maître des cérémonies qui s’avance sur l’estrade pour annoncer que la pantomime va commencer.
En tout ceci, pas d’autre but que d’amuser le Landgrave et sa cour à perruques.