‹ Ce que femme veutChapitre 65 sur 71 · TROIS HEURES ET DEMIE · texte numérisé non relu

TROIS HEURES ET DEMIE

L'animation augmente, en parle plus haut, on se promène, on va examiner les chevaux, on court au champignon des paris; les mots aigres-doux s'échangent entre les gens les plus corrects d'habitude; tout le monde est irritable et énervé.

Tribune du Jockey : Grincheux.

— C'est assommant, c'est une halle, ce pesage!

— Il y a six fois autant de monde qu'il en peut tenir pour qu'on y soit à l'aise.

— Qu'est-ce que ça vous fait, puisque vous ne circulez pas?

— Je ne circule pas, mais si je voulais circuler?...

— Si nous choisissions un bon coin? nous nous installerions et nous n'en bougerions plus jusqu'à la course...

— Ça serait prudent, si nous voulons voir quelque chose; tout à l'heure, on va se précipiter...

2^0 Lt JOUR DU GKflND PRIX

— Il faut monter...

— Venez-vous?...

— Moi, non, c'est inutile, je ne regarde jamais...

— Venez tout de même, ça en empêchera un autre de se placer...

Tous grimpent en haut de la tribune.

— Nous avons trois quarts d'heure à attendre, vous savez!...

— Moi, ça m'est bien égal qu'on coure ou qu'on ne coure pas, je m'embête tout le temps!

— Tiens voilà X... qui cherche à se caser... voyez-vous son chapeau gris?...

— Oui, oui...

— On dit qu'il se marie I.,.

— Pauvre femme ! ! I

— Vous savez, pour la comtesse... on dit que ce n'était pas du tout lui...

— Ne parlez pas si haut... le père est derrière nous...

Tout le monde baisse la voix.

— Je ne sais pas qui c'était, mais je sais bien qu'à sa place je n'aurais pas...

— Il est joli garçon!

— Ça, c'est vrai, mais c'est tout I

— C'est quelque chose...

LE JOUR DU GRAND PRIX '^^ï

•— Vous disiez que c'était pas lui, qui donc, alors?...

— Ah! voilà! les uns disent un souverain en disponibilité...

— Bah!

— Précisément...

Le père, se rapprochant. — Mais pas du tout, c'était nous! (Stupeur générale.)

— Ah ! ! !

— Je vous demande pardon...

— Je ne croyais pas...

— Vraiment je suis...

Etc., etc., etc.

— Nous avon ^ bien fait de grimper là ! Voilà Z... qui cherche au i à entrer et qui ne peut pas...

— Le fait est que c'est bondé...

— Est-ce qu il est venu dans son mail.î*...

— Qui ça?...

— Son mail : Vous y croyez aussi ! Ah ! elle est bonne celle-là.

— Commen.I il n'en a pas.^

— Il en tt a eu » un il y a sept ans, pendant un printemps: depuis, il vit là-dessus et chaque fois qu'il y a un concours d'attelages, réunion particulière à la Marche, ou n'importe quoi... il se présente pour l'attelage à quatre et tire son numéro

252 LEJOURDU GRAND PRIX

comme les autres... Alors les journaux indiquant l'ordre du départ, disent « 4°, ou 5", le mail de M. Z... » Au dernier moment, un des chevaux de volée est boiteux, ou le harnais a quelque chose, enfin il ne parait pas, mais il reste « titulaire » d'un mail...

— Tiens 1 il y a une idée à creuser là dedans! En appliquant cela à beaucoup de choses...

— Grâce ! arrêtez-vous, ne développez pas l'idée...

Tribune du Jockey : Spécialistes.

— Est-ce que vous venez du pesage?

— Oui.

— Est-ce que a Pâtre » est là? Je voudrais savoir s'il fera le jeu, et je n'ose pas lâcher ma place.

— Comment! sérieusement, vous croyez à « Albion i>, vous ?

— Mais oui !

— Moi, a j'ai « Scobell ». Je l'ai pris à 4...

— A combien « Albion » dans ce moment?

— 2/1, toujours.

— Et a Royaumont » ?

— A lo/i.

— Mon avis est qu'il n'y a rien à faire sur la course.

— Est-ce vrai que a Léou » est broken down?

— On le dit.

— Depuis quand?

— En prenant son dernier galop !

— Moi, je ne fais rien ; je me suis juré de ne plus parier sur le Grand Prix, je n'ai jamais pu touclier un gagnant,..

Et ainsi de suite pendant une heure.

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