CHAPITRE XI Un paysage de ruines
Quelle atroce injure, entre vingt aulrei pareilles, dans la phrase de Labori au gé néral Gonse : « Nous sommes heureux, mon sieur le général, quand un chef de l'arméi sort d'ici avec son homieur. »
De tels mois fourrés d'un poison dont lei fusées au loin con\'ul seront le corps socia fonçaient tous les visages, soudain dans h salle de R(*nnes, et ces sombres coidcur!
que nous méconnûmes d'abord sont plu!
tragiques et plus dignes d'être abondammen décrites que du carmin éclaboussant pa flaques ensoleillées une barricade. Car di plâtras semé par les balles, des voiture:
renversées, des pavés en pyramides, quel ques cadavres avec leurs l)ras tendus, de:
fuyards éperdus, émtmvraient nos nerfs mais c'est contre notre esprit que se dress< l'insurrection dreyfusarde et c'est dans h raison française qu'elle prétend accumulei des ruines. Mes impressions n'eussent poin suflî à me commander ces pages ; je les a délibérées. Plus encore que mes passiom
[ues c'est mon patriotisme critique qui oiine de dessiner les espaces de désoqu'on embrasse du lycée de Rennes.
. main n'y faillit point, on verra bien passent en majestueuse désolation les cctures ruinées d'un Piranèse.
/ois la magistrature civile mise en idlction avec la magistrature m,!li taire.
a apparut quand, siu* l'estrade, le fa- Bertulus tenta de tromper le Conseil altérant le texte de l'arrêt il affirma îment (|ue la Cour de cassation attrile bordereau à Eslerhazy. Son impuanarchisle s'exprima tout au clair :e mot : « Je représente ici la magise civile. »
^ois notre confiance en nous-mêmes idrie, — Nous subîmes cette diminulorale quîiiid le général Mercier dut T les terreurs qu'en 1894 le gouvernercssenlil dime probabilité de guerre, ucore ! il fallut avouer que depuis 1870 su{)portions à Paris un vaste système ouuage organisé par des agents diploues, que nous comiaissions les corru- 5 et les corrompus, que nous arrêtions ^i sans oser toucher à ceux-là.
ois la paix compromise. — La guerre, et, menaça quand nos généraux duen pleine audience, pro<iuire un docude l'attaché d'ambassade autrichien, A Schneider, qu'on s'était procuré, le tous les papiers de cette sorte, par oyens irrégullers. Nécessaironi'^nl nous
subîmes en riposte un démenti autrichien et, minute d'angoisse, le commandant Cuîgnet s'offrit à démontrer l'authenticité du rapport. (10)
Je vois enfin notre service de Renseignements anéanti, — Sur l'estrade de Rmnes, le lieutenant-colonel Gendron a déclaré :
« Il ne reste plus rien de l'édifice construit « par le colonel Sandherr. Rien ! ni agent, « ni argent, ni moyens, ni méthode. Et San- € dherr, ce grand patriote, avait construit là « un instrument de défense incomparable. »
M» Démange entendant cette phrase qui mettait des larmes dans les yeux des jeunes officiers a levé ses bras au ciel et tirant ses manches : « Que voulez-vous que j'y fasse ! »
On doit moins chercher dans l'histoire une masse d'exemples qu'ime suite de préparations, a dit Auguste Comte. Du milieu de ces démolitions quelque chose se prépare à surgir. Cessons de chercher au>isagede Dreyfus, roi des traîtres, et dans les paroles de ses deux assesseurs, Labori, Démange, les plus sîgiiîiicatives palpitations de cette guerre civile. Pareil à ces cada^Tes qu'une horde promène au premier jour des révolutions, Dreyfus est bien mort et sur son ma»c^ue on ne voit plus Faclivité des pasoLons.
Picciuart lui succède. Au centre des troupes anti-françaises, dans cette salle, en face de Testrade, la ligure orgueilleuse et amôre de Picquart perfectionne d'un dernier trait lu* ciférien la puissance du spectacle rennais*