‹ Ce que j'ai vu à RennesChapitre 9 sur 16 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Lbs Avocats (suite) "■

ologlquement, qu'était-ce que cette e, ce congé de huit' jour signifié à rtant et d'une si étrange manière ?

)nne avec l'univers d'un attentat tel, policiers ne trouvent pas les assasle les chirurgiens ne trouvent pas la

que l'assassiné se trouve très bien, n instant, avec une balle dans un

Labori n'a cessé d'être en caout- II sonfTre, puisqu'il le dit, mais sa

ajoute un moyen à tous ses moyens ;iers . Quand il a chargé sur un tét — comme une ballerine qui danse e souffle, franchi éperdument tous [uis de la syntaxe, — ah ! quelle élo-

ressource de nous faire souvenir t convalescent. Il soupire, baisse le ) im geste (9) qui angoisse la salle ardc : « Canailles de patriotes, muron autour de nous, vous l'avez assas-

Eux-mômes, les généraux qu'il veut : à la gorge, se sentent de l'indul- >our un discours de relevailles et

que le vieux temps appelait les ca< e l'accouchée .

— 7iè -

La balle qui lui lèse la moelle épînîère < qui lui broie les reins ne Fincommodc pa mais les injures qu'il tire à bout portant si le général Gonse et sur «les témoins, te que M. du Breuil, lui ricochent droit s cœur .

Le Bel Ami de ]\laupassant vivait, l

aussi en bon compagnonnage avec une bal

dans le gras de la cuisse. Mc>me il invita

les dames à la faire rouler sous leurs doigt

C'est imc familiarité que l'avocat du tralti

refuse à Doyen. Je puis du moins apprécia

le plomb (pi'il a dans l'aile. L'homme qi

j j'ai vu, le samedi 2 septembre, brand

comme un bâton un papier roulé et sigo

lier au général Gonse, avec le geste d'v

valet qui fouaille, de remonter sur Testradi

croit-il donc que le Syndicat lui donne ui

meute de généraux pour faire Touvertui

en Ule-el-Vilaine cette année ?

Quel gibier chassc-t-il, ce Labori ? L

' grosse bote. Il se tire dessus.

.^ J'aurais été fâché que ce soldat de la ri

^ bellion tombât sur une barricade d'une bail

I tirée sans foi et avant que le signal du fe

I n'eût été loyalement donné, mais s'il li

j plaît de se suicider î Serait-ce son talent qi

raviverait notre ancienne camaraderie ! J

ne suis pas un « intellectuel » ": je désir avant tout qu'on parle en français.

Je dois le dire : Labori dans ses grand tours de force ne me lit jamais tressailli que par la \ue physique de ses fatignef et tout le poids de son éloquence pèse sur)

public de la môme manière que sa corpulence et sa fougue sur les planches qu'il fait ployer. C'est un furieux. Voit-il son système ébranlé par une déposition ? Aussitôt il cesse de se posséder. Faut-il même à sa fougue un semblant de prétexte ? Jules Lemaître Ta examiné. « Perpétuellement lancé en avant et frémissant de colère, même pour demander : quelle est la date de cette pièce ? Labori semble toujours menacer les gens d'un coup de tête dans l'estomac». Sa tête, ainsi projetée, l'entraîne parfois dans des culbutes . Depuis deux ans que ce sauveteur nage en chien autour de TU e-du- Diable, il a éclaboussé ses ennemis, ses amis, son client.

I^es Dreyfus eux-mêmes songèrent très vite à *e museler.

Je prends mi exemple de ses fougues.

Dans la confrontation du général Dcloye et du commandant Hartmann, M« Labori demanda avec insistance au général ;

— Que pensez- vous des faits que vous apportez quant à la culi)a])ilité de Dreyfus ?

Et à plusieurs reprises le général répondit :

— Je refuse d'inlerpréler les faits que je dépose ; je suis seulement un expert dont la mission consiste à éclairer le conseil sur des questions techniques.

Labori crut comprendre que le général se dérobait par crainte de servir la défense. Avec sa brutalité coulumière, il s'entêta dans son interrogation jusquà ce que le

général dans un mouvement de terrible i fet, s'écria:

— Ah I monsieur Tavocat, n'insistez pa Le bordereau porte la preuve que celui q l'a écrit était à la source.. . C'est un Malt et Seigneur,

Patatras pour Labori ! Le général Delo; venait d'annuler avec sa compétence de i recteur de l'artillerie l'hypothèse qui subs tue Esterhazy à Dreyfus. A ce bruit i vaisselle cassée, notre légendaire maltr d'hôtel, Edgard Démange, coulait alors si son confrère, comme sur un cou vive émécl

\ le regard qui veut dire : « Jeune homm

vous me prenez pour un gâteux, mais voyez-vous maintenant^ qu'il ne faut pi faire du zèle dans le service ? »

Cet avocat sans mesure et qui compn mettrait môme Tinnocence n'est pas une ii telligence ; c'est xm tempérament. Don bei tial, en somme. De tels êlres,quand on ve:

se en eux ce qu'il leur faut de soupes i d'alcool s'élancent en mugissant. Un hon

i me de cette sorte, s'il a de l'entralnemen

^ I)eut simuler la plupart des sentiments San

y mettre rien de sincère. C'est la faculté d

g r acteur, capable de nous faire tressaillir d

pitié ou d'épouvante, tandis que lui-mêro s'inquiète de la boucle de son pantalon.

Dans ce groupe sinistre fait de Dreyfu qui vend nos généraux, de Démange qui le ridiculise et de Labori qui les déshonore c'est ce Labori, né Alsacien et aimable gai çon, le pire. Le traître ne peut plus nuire

Une série d'insolations très probablement le rendirent inofifensif ; le vieil avocat, sa bonne ligure en fait foi, aimerait à servir un festin moins empoisonné ; mais Labori, c'est la trompette des étrangers et des mercenaires lancés à l'assaut de la France. C'est par Labori que la salle où les gendarmes enlèvent les bâtons peut exhaler ses fureurs .

Démange irrite moins. Mais au terme de cette féte^ quand il se penchera,avec sa serviette sous le bras, vers les attablés du Syndicat et leur dira : « Ces messieurs sont-ils satisfaits ?» je doute qu'ils lui répondent : « Nous reviendrons, Ëdgard. » Alors il s'attristera, rejetant toute la faute sur Labori et disant : « Je Tavoue, des généraux à la broche, en grillade, en ragoûts, c'est un menu un peu lourd à digérer. »

Il ne suffit pas. Maître Démange, de désavouer, entre quatre yeux, le subalterne que vous avez mis au-dessus de vous. Et si Ton ne peut rendre directement responsable un maître-d'hôtel des plats qui montent de la cuisine, ceci demeure qu'il devrait refuser de servir un dîner préparé par* un furieux qui renverse les traditions au point de s'attacher d'abord toutes les casseroles à la queue.

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