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APRÈS LA RENONCIATION HOHENZOLLERN

La Presse :

Cette victoire, « qui ne coûte ni une larme, ni une goutte de sang », dont parle le Constitutionnel , cette victoire serait pour nous la pire des humiliations et le dernier des périls. Que la Chambre intervienne donc. Qu’elle retrouve un de ces élans par lesquels elle a accueilli la déclaration du 5 juillet. Elle a soutenu la politique de la France quand cette politique était hardie et nationale. Qu’elle relève maintenant ceux qui voudraient faiblir.

Le 4 juillet, nous avions à choisir entre la prudence et l’audace. Nous nous sommes prononcés pour l’audace. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix qu’entre l’audace et la honte. Quel est l’orateur, à la tribune, ou l’écrivain, dans un journal, qui nous conseillera d’hésiter? — La Ponterie.

L'Opinion nationale :

Depuis hier, toutes les feuilles amies du gouvernement répètent à l’envi que la paix est faite, que le différend est terminé et qu’il faut se réjouir ; cependant personne ne se réjouit, personne n’est rassuré. Ce drame, qui commence par une tragédie pour finir comme une opérette, ne satisfait personne. L’opinion demeure triste, désappointée, inquiète.

En voyant le gouvernement français repousser avec tant de hauteur et de fermeté l’intrigue Hohenzollern, nous nous étions dit : la France ne veut plus de la politique de concessions. Elle renonce à une patience mal récompensée et veut profiter d’une mine éventée à propos pour régler ses comptes avec la Prusse et la faire rentrer, de gré ou de force, dans l’observation des traités.

La France presque entière, croyons-nous, l’avait compris de la sorte. De là l’adhésion donnée à la crânerie du cabinet et l’espèce d’allégresse avec laquelle on allait au-devant d’une guerre dont la gravité, pourtant, n’échappait à personne. — Ad. Guéroult.

L'Union (journal royaliste) :

Le Constitutionnel dit qu’il accueille avec orgueil cette solution pacifique. Voilà un orgueil qui ne sera pas contagieux... Notre pays a regardé en face cette

LA DAME AUX VIOLETTES

œuvre de 1866 dont il paraissait avoir détourné les yeux, et qui se dresse comme une domination menaçante. Il a senti qu’il existe, de l’autre côté du Rhin, quelque chose qu’il faut abattre, et l’on se disait, dans un premier accès de fièvre héroïque : « Faisons aujourd’hui ce qu’il faudra faire un jour ou l’autre pour ne pas encourir une déchéance immédiate. » Voilà pourquoi la satisfaction que nous donne le prince Antoine ne répond pas à la grandeur des griefs ni à l’excitation des âmes. — Poujoulat.

Le Gaulois :

Paris a donné hier, la France donnera aujourd’hui le spectacle d’une grande nation plongée dans la stupeur, par une nouvelle qu’on salue ordinairement par des cris de joie.

Le maintien possible de la paix a produit l’impression qu’on ressent en apprenant que la guerre vient d’être déclarée.

Les cœurs se sont serrés. — H. Pessard.

U Univers :

La renonciation du prince de Hohenzollern aura pour résultat, si elle est acceptée comme valable, de ridiculiser nos réclamations... Que faire? Ne faudrait-il pas parler net et dire tout haut que la candidature du prince de Hohenzollern, bien qu’habilement retirée, a montré l’ambition de la Prusse et son désir d’isoler la France, de l’entourer d’ennemis ; que, devant de tels projets, nous devons tout au moins exiger la stricte observation du traité de Prague et que nous l’exigerons? — E. Veuillot.

Le Figaro :

La France ne désire pas la guerre, mais elle ne la redoute pas.

On l’a, par une provocation, fait sortir de son calme et de son assiette. Elle veut des garanties. Le ministère comprendrait mal le caractère français si, après avoir ressenti si vivement et si promptement l’injure faite à la France, il se contentait, comme on le dit ce soir, de satisfactions banales, évasives et sans certitude d’avenir...

Que fera le ministère aujourd’hui?

La guerre ou la paix?

Ni la paix ni la guerre. Si nous sommes bien informés, et nous croyons l’être, si l’indignation qui prend tous les Français au coeur devant les incapables et les naïfs qui, dans un jour de folie, ont rêvé de gouverner leur pays, n’éclaire pas en haut, demain le cabinet du 2 février déclarera que, sans être satisfait des événements, il n’en est pas mécontent, que la Prusse s’est exécutée sur le seul point qu’on lui eût indiqué, qu’il n’y a donc pas lieu de continuer l’incident... L’honneur et le sort de la France sont confiés désormais au patriotisme et à la prudence du Corps législatif et du Sénat.

Nous ne comptons plus, pour terminer l’affaire honorablement, que sur les grands corps, et le chef de l’État... et sur la nation. — J. Richard.

Le National (journal républicain) :

C’est une paix sinistre que celle dont on nous parle depuis vingt-quatre heures.

Pourquoi ne nous parle-t-on pas de cette réponse prussienne, puisqu’elle est arrivée?

LA DAME AUX VIOLETTES

Pourquoi ne la public-l-on pas aussi bien que le télégramme du père Antoine?

Pourquoi, par ce silence singulier, laisser croire que cette réponse est taillée sur le patron des derniers articles des feuilles prussiennes?

Pourquoi laisser supposer que le roi Guillaume n’a pas d’explications à donner sur un fait qui n’existe plus ?

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