CONNAITRE DIEU, MONOTHEISME ETHIQUE
Il y a toutefois dans le Judaïsme une « recherche » et une « connaissance » de Dieu, et « connaître Dieu > — expression qui revient avec une remarquable fréquence dans les Livres Saints — est même le but suprême assigné à la vie de l’être « créé à l'Image ». Mais le connaître, ce n’est pas pénétrer l'essence inaccessible, c’est ouvrir les yeux de l'esprit et du cœur, de toutes ces facultés que la langue hébraïque désigne indistinctement par le mot leb, sur les modes d’actions divines dans le monde. Contemplation et étude de la nature et de ses lois font connaître la « sagesse » du Créateur
(1) Deut., 29, 28.
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comme sa « puissance », initient au formidable et incessant labeur de l’Intelligence ordonnatrice organisant le chaos des choses, imposant à la conscience, par l’ascendant des hommes que l'Esprit divin a éclairés, la loi, la Tora, la discipline morale qui organise à son tour le chaos des instincts, dompte les passions aveugles, fait respecter la vie, enseigne justice et bonté. Savoir cela surtout fait la grande dignité humaine: « Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le riche ne se glorifie pas de sa richsse, que le fort ne se glorifie pas de sa force! Voici de quoi l’on peut se glorifier: discerner et savoir que je suis l'Eternel exerçant la bonté, le droit et la justice sur terre, car voilà à quoi je prends plaisir, dit l'Eternel. » (1)
Tel est l’enseignement qui émane du prophétisme biblique. Et de là résulte que la démonstration efficace, la vraie « connaissance de Dieu » est pour la conscience individuelle le fruit et la récompense de l’attachement inébranlable au droit et à la justice. Rechercher la justice, c’est rechercher Dieu. Aimer la justice, c’est aimer Dieu. C’est ce qu’on lit partout dans les textes « prophétiques » de la Bible, exprimé sur tous les tons en sentences simples et nues ou avec les frappantes et sonores images de Îa poésie. ;