LE SCEPTICISME
I1 convient à présent d'examiner sommairement les difficultés et objections que soulève la croyance en Dieu. Le Judaïsme les a rencontrées de bonne
(4) Jérémie, 9, 22-23.
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heure. L’apologétique fait partie de l’enseignement du Judaïsme: Da ma schétaschib la-Apikoros, dit la sagesse rabbinique. « Sache ce qu’il faut rétorquer à l’Épicurien », à savoir l'esprit fort, le négateur. Au temps du paganisme gréco-romain, les doutes portaient sur la possibilité d’un Dieu pur esprit invisible. Des empereurs ou des sommités de l’administration romaine en Judée, des philosophes causaient théologie avec d’illustres docteurs d'Israël: « Si votre Dieu existe, pourquoi laisse-t-il subsister le paganisme, l'erreur, la souffrance et le mal? » Ce sont des questions qui se posaient à coup sûr fréquemment, elles étaient d’ailleurs posées dans l’école même. L’incrédulité à l'égard du gouvernement moral et équitable du monde par le Dieu d'Israël a exercé la science, la verve et l’ingéniosité des docteurs du Talmud sans inquiéter la sérénité de leur foi. « Tu ne peux contempler le soleil en face; comment peux-tu voir la lumière suprême du monde? » dit un docteur au prince qui l’interroge. Parce que les astres sont l’objet de l’adoration des païens crédules, Dieu doit-il supprimer, à cause de ces fous, des créations si nécessaires à l’univers? » Et des comparaisons familières viennent illustrer ces réflexions et d’autres du même genre.
L’apologétique juive, dans les siècles de foi, on peut dire judéo-chrétienne, qui ont suivi l’effondrement du paganisme, n’a pas eu à lutter pour le principe même du monothéisme, et ne s’est appliqué qu'à défendre son interprétation de la Tora et du messianisme,
JULIEN WEILL pur