‹ ce que je sais de dieuChapitre 12 sur 31 · REPONSES DU JUDAISME AU SCEPTICISME · texte numérisé non relu

REPONSES DU JUDAISME AU SCEPTICISME

Comme les autres confessions nées de la Bible, le Judaïsme rencontre aussi sur sa route l’Epicurien radical, le matérialiste, le positiviste agnostique, le « scientiste », qui ne voient que mécanisme et déterminisme dans le monde, et qui, à leur tour et à leur façon, avec plus de scepticisme que le païen antique, demandent: Mi Adonaï? Qui est Dieu?

De quelle réponse le Judaïsme arme-t-il ses adeptes? Pour attester Dieu, la foi juive, on l’a vu, ne se préoccupe pas de chercher des preuves philosophiques et des démonstrations logiques, il n’en est point de telles dans la Bible et dans la littérature religieuse, sauf dans les écrits théologiques, où la spéculation n’est pas foncièrement originale, et ces preuves si souvent répétées au cours des âges, telles que l’argument ontologique, n’ont plus auprès des croyants eux-mêmes la valeur absolue qui leur était attribuée jadis. Si ces démonstrations étaient rigoureuses, la négation ne serait qu’aberration et dérèglement d’esprit. Un Juda Halévi (xir siècle), parmi nos théoriciens du Judaïsme, ne faisait pas grand état de l’appui apporté par les argumentations abstraites des « philosophes » aux vérités de « foi ». Il s’en méfiait même et s’en tenait à la tradition juive (1).

Ce que le Judaïsme allègue surtout, ce sont des « témoignages », celui des cieux où s'inscrit silencieusement, mais éloquemment, la Gloire du Créa-

(4) Voir son dialogue théologique Kozari.

teur, — le témoignage de l’histoire extraordinaire des patriarches et de leur postérité, — Île témoignage des « fidèles » de tous les temps. « Vous êtes mes témoins », ainsi parle l'Eternel dans un texte célèbre du Deutéro-Isaïe. (1) « Si vous témoignez, je suis Dieu, commente un Midrasch pénétrant, sinon, c’est comme si, révérence parler, je n'étais pas Dieu ». La démonstration essentielle, on le voit, est toute morale. Le « témoignage » a été abondamment apporté par toute la postérité spirituelle d'Abraham, par les nations acquises, sous des formes de culte diverses, au monothéisme. Et Israël, le défenseur du.monothéisme pur, a le droit de faire état, vis-à-vis de l’incroyance, de la diffusion de la «Connaissance de Dieu», quelque imparfaite qu’elle soit, quelque dénaturée qu’elle ait été aïlieurs par d’étranges métaphysiques. Oui, le verset du psalmiste s’est réalisé largement: « Du lever du soleil à sen coucher, on loue le nom d’Adonaï. » (2} Mais ce n’est pas à dire que le Judaïsme ne puisse ni ne doive s'intéresser aussi à tout ce que les philosophes eomme les religions peuvent apporter de témoignages supplémentaires à la croyance en Dieu. Outre le fait même de la propagation du monothéisme, il considère donc avec une sympathie profonde les renaissances d’idéalisme et de spiritualisme non eonfessionnelles et comme spontanées qui se produisent de ce temps. Il se tient sur la réserve quant aux différentes formes du spiritisme et de la métapsychique. Mais il ne peut que se réjouir et s’instruire au spectacle des offensives de pensée qu’au

(2) Ps. 113, 8.

nom même de la science la plus avertie et la plus informée, certaines écoles philosophiques modernes dirigent contre le matérialisme et l’athéisme.

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