SALOMON REINACH
M. Maurice Maeterlinck.
« 11 faudrait des volumes ou quelques lignes > pour répondre sur Dieu, nous écrit Maurice Maeterlinck. Les quelques lignes que nous envoie le philosophe de la Sagesse et la Destinée et du Temple enseveli ne contiennent-elles pas la conclusion de toutes ses recherches de ces dernières années? Recherches approfondies auxquelles nous devons ces larges synthèses: La Mort, l'Hôte Inconnu, les Sentiers dans la Montagne, le Grand Secret.
8 septembre 1925
Ce que je sais de Dieu ? — Ce qu’en savent les grandes religions, c’est à dire absolument rien. Il est l'immense, l’irréductible, l'éternel Inconnu, le point d'interrogation dans l'infini, les ténèbres, le néant ou le tout, du Zohar. Pour ne pas l’ensevelir dans le silence qui est le seul temple qu'on lui puisse consacrer, on peut dire qu’il est l’Esprit,
l’Intelligence de l'Univers. L’Intelligence de l’Uni-
vers, étant infinie, nous est inaccessible. Nous n’en entrevoyons qu’une infime partie dans ce que nous appelons la Nature qui est le spectacle de la vie sur notre terre très petite. Mais même sur ce théâtre insignifiant, cette Intelligence qui semble parfois parente de la nôtre, nous déconcerte à chaque instant. Elle y accumule des merveilles qui surpassent tout ce que notre génie pourrait inventer ou imaginer ; mais d’un autre côté, nous y remarquons des erreurs, des imprévoyances, des maladresses que nous ne parvenons pas à expliquer. Nous ne