PAUL SOUDAY
et n’a conservé, dans la Critique de la raison pratique, que la preuve morale, laquelle n’est pas rationnelle, mais sentimentale ou pragmatique, et par conséquent ne prouve rien. (Le mysticisme est encore plus incapable de rien prouver).
Le débat demeure actuellement circonscrit entre l’athéisme radical (Stendhal, Anatole France) et le panithéisme ou idéalisme (Spinoza, Renan) qui maintient Dieu, ou le divin, dans le vocabulaire, mais est considéré par tous les croyants, non sans quelque apparence de raison, comme un synonyme poétique du simple athéisme.
J'avoue, d’ailleurs, que je suis extrêmement sensible à cette poésie, qui a une signification précieuse, et l’avantage de maintenir une tradition et une communion. Dieu a existé et existe encore dans d’innombrables esprits. On peut bien, comme disait Mallarmé,
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu.
Mais j'avoue aussi qu’à d’autres égards et d’autres moments, l'ironie me paraît avoir son prix, comme défense contre certaines sottises et intolérances trop épaisses.
Excusez-moi de ne pouvoir vous en dire plus.
Je ne suis qu’amateur de philosophie, non métaphysicien professionnel et créateur de système. Il était peut-être inutile de vous faire cette petite confession sommaire, qui me compromettra auprès de
quelques bonnes âmes et ne me vaudra aucune eompensation.
Peut-être ne devrait-on parler de l’existence de Dieu que sub rosa, en cabinet particulier ou ax