IL. — FLORE MICROBIENNE
Nous étions partis en 1914 avec l'idée que la plaie de guerre était aseptique. Cette croyance a eu les plus fâcheuses conséquences. Nous savons maintenant que les blessures de guerre, comme les plaies aecidentelles sont forcément infectées. Comment en serait-il autrement? Le projectile qui, à travers une solution de continuité, pénètre dans notre organisme, est loin d’être aseptique : il peut être chargé de poussière et servir de vecteur à tous les microbes du sol. Les débris vestimentaires qu’il entraîne avec lui sont également très riches en espèces microbiennes. À côté de ces éléments importants de l'infection des plaies il faut faire intervenir la contamination par les bactéries de la peau.
Nous pourrons done y trouver toute la gamme des anaérobies et des aérobies:
Série anaérobie. — A côté du vibrion septique et du perfringens, qui sont les espèces dominantes, nous connaissons le B. œdementicus, le B. sporogenes, le bacille neiœeux, le bacillus fallax, le bacillus aerofætidus et enfin le bacille tétanique qui lui est spécifique.
Le bacillus perfringens vient au premier rang par sa fréquence. On l’a retrouvé dans 90 p. 100 des plaies par éclat d’obus. Tous ces microbes anaérobies, trouveront dans les tissus contus, dans les caïllots sanguins de la plaie, des milieux de culture exeeptionmels.
Au début les microbes anaérobies vivent à l’état isolé, mais très vite les microbes aérobies entrent en scène,
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Série aérobie. — Nous citerons dans cette série:
Le streptoeoque et le sphaphylocoque ;
Les microbes saprophytes (diplococcus crassus; pneumocoque) ;
Les microbes intestinaux (proteus colibacille) ;
Les microbes occasionnels (bacille diphtérique et bacille pseudo-diphtérique) ;
Les infections mycosiques.
Le streptocoque est l’espèce aérobie la plus nocive. Si le perfringens est l’anaérobie le plus fréquent de la plaie de guerre, on peut dire que le streptocoque est l’aérobie le plus inquiétant; on le voit intervenir à toutes les époques de la plaie. Associé aux anaérobies il peut donner des processus gangréneux d'une extrême gravité.
ASSOCIATIONS MICROBIENNES. — Dans la plaie de guerre l'infection est souvent complexe, les infections pluri-microbiennes peuvent être de trois ordres:
Les associations d'anaérobies, des associations anaéroaérobie, des associations d’aérobies.
L'association anaéro-aérobie est la plus à craindre : elle agit de deux façons :
1° Elle permet l’éclosion des anaérobies à l’air libre;
2° Elle exalte la virulence des uns et des autres; l’in- “ection et l’intoxication de la plaie s’en trouvent accrues.
Les toxines microbienens. — Tous les microbes anoérobies ont la propriété de secréter des toxines; comme ces microbes sont souvent associés, leurs toxines interviennent souvent ensemble: MM. Weinberg et Seguin attribuent à cette association de toxines, l’atteinte rapide de l’état général. [ls proposent le nom de cenotoxines pour désigner des poisons mierobiens agissant en commun sur
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l’organisme, et celui de cenotoxie pour l'intoxication générale due à l’action de deux ou trois toxines.
Signalons à côté des toxines microbiennes les substances toxiques provenant de la lyse tissulaire.
En résumé les plaies accidentelles présentent trois caractères principaux :
1° Elles sont contuses ;
2° Elles sont forcément infectées;
3° Elles sont toxiques.