‹ Ce qui se passe au ConcileChapitre 15 sur 31 · BULLE CUM ROMANIS PONTIFICIBUS · texte numérisé non relu

BULLE CUM ROMANIS PONTIFICIBUS

Par la troisième {Cum romanis Pontificibus ^ —

1 Le même Pontife a prononcé ,en 4773 la suppression de la Compagnie de Jésus, par la raison qu'elle était un sujet continuel de trouble et de discordes. On sait que la célèbre Compagnie a été rétablie en 4844, lorsque les princes de la Sainte^- Alliance se sont coalisés contre la France.

' Certaines dispositions peuvent nous atteindre malgré le Concordat, par exemple la défense aux tribunaux séculiers de juger les causes criminelles ou civiles des clercs.

i décembre 1 869) * , les droits du synode sont encore plus profondément atteints. — On a toujours reconnu que dans la constitution de l'Église le concile oecuménique ^n'avait pas seulement un pouvoir de juridiction et un pouvoir législatifs mais encore un pouvoir de gouvernement. Dans des circonstances graves , en présence d'un schisme par exemple, des conciles généraux n'ont pas hésité à déposer des papes , à en nommer d'autres et à prendre dçs mesures générales intéressant le gouvernement de l'Église. Des théologiens enseignent encore que tout pouvoir réside dans le concile pendant la vacance de la papauté. Si cette opinion n'est pas universellement admise, tous les docteurs admettent cependant que le concile œcuménique , réuni lorsque meurt le Pape , a le pouvoir d'abroger le droit positif et de dispenser des lois pontificales , en général de (c faire , avant la création du nouveau Pontife , toutes les choses qui seraient urgentes et nécessaires pour la direction et la sauvegarde de l'Église* ».

Des esprits conciliants et modérés avaient pensé que si le Siège Apostolique devenait vacant pendant la réunion du concile il serait possible, avant l'élection d'un nouveau Pape, de reconstituer le pouvoir temporel sur des bases plus stables en le plaçant sous la sauvegarde des grandes nations chrétiennes , d'organiser les subventions des fidèles et de rétablir ainsi les finances pontificales , en même temps d'introduire d'utiles réformes dans les États pontificaux^

1 UnivîTi du 46 décembre. — * Jacobatius.

dans la composition du Sacré Collège et des congrégations romaines , dans les rapports des diverses églises catholiques avec le Saint-Siège : ces décisions, ratifiées par le successeur de Pie IX, auraient mis un terme aux. difficultés inextricables du non possumus que le Souverain Pontife opposera toujours, en raison du serment qu'il prête lors de son exaltation au suprême pontificat.

La bulle Cum romanis Pontificibtis ruine ces espérances. Par une disposition absolument nouvelle % il est ordonné au concile du Vatican et à tous autres qui pouront se réunir dans l'avenir, d'arrêter leurs travaux et de se dissoudre immédiatement, dès que la nouvelle certaine de la mort du Pape sera apportée. Ceux qui seraient tentés d'enfreindre cette prescription , sous quelque prétexte que ce soit , sont frappés dés plus terribles malédictions.

On maintient par là aux Italiens d'une manière définitive le monopole de la Papauté et le gouvernement du monde catholique ; mais on laisse aussi le Saint-Siège aux prises avec les périls de sa situation isolée et précaire dans la Péninsule.

^ Les précédents sur lesquels s'appuie le rédacteur de la bulle n'ont aucune portée. Les prescriptions de Paul III et de Pie IV n'avaient pour but que d'empêcher Télectioi) simultanée de deux papes, Tun par le .concile, l'autre par les cardinaux. Mais celte éventualité n'était à craindre que lorsque le concile n'était pas tenu à Rome et n'était point présidé par le. Pape. I^e cas où le Souverain Pontife décédait dans la ville du concile était réservé : dans cette hypothèse, les Pères avaient le droit de participer à l'élection ; ils l'ont exercé à Constance, et à Trente ils ont formellement refusé de l'abandonner.

LA LIBERTÉ CONQUAIRE. 5?

Ces dérogations considérables à la constitution de TÉgiise n'ont pas été soumises à l'approbation des Pères. Présentées inopinément, elles ont été subies sans résistance.

L'opposition semblait devenue impossible dans le concile, et comme le disait triomphalement un journal ultramontain , les évoques ne pouvaient pas se plaindre y ils avaient « la liberté du bien ! »

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