‹ Ce qui se passe au ConcileChapitre 3 sur 31 · SITUATION DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

SITUATION DE L'ÉGLISE

rÉglise, en voulant rester fidèle à cet enseignement, semble se poser en adversaire de la raison et de la science. De là des malentendus, des condamnatioii& imprudentes, et, par une conséquence inévitable, des représailles violentes qui, pour être injustes, n'en sont pas moins périlleuses.

La discipline, qu'aucune réforme n'a assouplie depuis trois siècles, suivant les nécessités des temps, est pour le prêtre un sujet fréquent d'embarras et de conflits au milieu du mouvement de la vie moderne. A un autre point de vue, la disparition d'un grand nombre d'institutions qui n'existent plus que de nom dans le droit canon, telles que les bénéfices, la jurî-diction de l'oflicial, les immunités des clercs, les usages des Églises nationales, a amené un trouble profond dans l'équilibre de la hiérarchie ecclésiastique. Par suite des transformations politiques et sociales du dix-neuvième siècle, l'harmonie de l'ancienne constitution de l'Église n'existe plus; le prêtre est à la discrétion de Tévêque*, et Tévêque se trouve sans garanties vis-|i-vis du Saint-Siège*,

Enfin le problème des rapports de la société civile et de la société religieuse se dresse obscur et menaçant. A riutérieur, l'accord de l'Église et de. TÉtat; à Texlérieur, la conciliation de l'indépendance

* « Chacun de nous a un régiment à commander, et il marcbe. » (Discours du cardinal de Bonnechose an Sénat.)

2 On a cru relever l'aulorité des anciennes a coutumes et franchises » de rÉjliâe de France en leur donnant la sanction d'une loi de rËtat. L'entreprise devait échouer.

nécessaire au chef ,de l'Eglise catholique avec le principe moderne du droit des peuples : jamais ces problèmes n'ont soulevé de questions plus brûlantes ni plus formidables.

S*1L EST POSSIBLE D*EFF£GTUER DES RlÉFORMES.

Cet état de choses exigeait-il la réunion d'un concile?

Sans avoir la prétention de trancher un point si délicat 9 on peut faire remarquer que ces maux ne sont pas sans compensation, et qu'il y a là un malaise que le temps doit apaiser et guérir, plutôt qu'un état de crise violent et aigu auquel il faille apporter un remède prompt et énergique.

S'il y a une fausse science, si contre l'Église on tire de faits certains des déductions illogiques, si l'on allègue des hypothèses erronées , ces attaques tomberont d'elles-mêmes devant les lumières du progrès. L'esprit de recherche et d'analyse ne sera pas découragé par les anathèmes, et la sainteté de la foi ne peut être que compromise par des incursions thèologiques sur le domaine de l'observation et de la pure raison.

Le concile cherchera-t-il à résoudre le problème des rapports de l'Église et de l'État? Mais le seul fait d'agiter ce problème soulève tout un monde de périls et de complications. La solution est difficile à

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