‹ Ce qui se passe au ConcileChapitre 4 sur 31 · SITUATION DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

SITUATION DE L'ÉGLISE

dégager ; la société moderne n'a pas dit son dernier mot dans son évolution politique et sociale , et personne ne peut prévoir ce que nous ménage l'avenir. Or, si Von interroge l'histoire, on voit que l'Église ne s'est jamais aventurée à la légère dans le champ des hypothèses; ce serait singulièrement méconnaître son antique sagesse et rompre avec son système traditionnel de temporisation, que de vouloir lui faire régler d'avance , par des décisions absolues , rigoureuses et définitives, une matière qui tient essentiellement au domaine du relatif et du contingent.

D'ailleurs ces redoutables questions ne peuvent être tranchées sans le concours de la société civile ; • l'Église a toujours respecté la distinction des deux puissances, établie par son divin fondateur luimême , et jamais elle ne s'est arrogé , dans ses solennelles assemblées, le droit de disposer seule des intérêts de l'État. Contrairement à tous les précédents, les gouvernements n'ont pas été invités à se faire représenter au concile du Vatican. Cette invitation, il est vrai, n'était pas nécessaire, car Ips droits des pouvoirs civils sont incontestables; mais il faut reconnaître que leur abstention n'a pas beaucoup affligé le Saint-Siège, et qu'elle semble au contraire avoir répondu à ses plus chers désirs.

Si donc aucune révolution n'était projetée dans la constitution de l'Église ni dans son antique jurisprudence , il serait permis de conclure que la politique devra être bannie des discussions du vénérable synode.

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