CÉCILE
précier encore une fois le mérite de Cécile : rien ne manquait dans cette maison si pauvre en apparence, et ils purent constater avec étonnement combien il faut peu aux gens sensés pour vivre dans l'aisance.
Le moment de la convalescence arriva. Charles, enveloppé dans une robe de chambre, œuvre de Modeste, avait de belles et bonnes pantoufles brodées par Cécile. Bientôt le malade fit quelques pas dans le jardin, et Mme Delorme eut enfin la douce satisfaction d'offrir sa voiture à ses jeunes amis.
Cécile ne put dissimuler sa joie en montant dans une calèche attelée de deux chevaux. Charles était assis à côté de Mme Delorme, Cécile et Blanche sur le devant de la voiture.
« Que c'est agréable ! » pensait la bonne petite sœur, « et comme ces promenades vont faire du bien à Charles ! »
Blanche étaitfière que sa mère fûtl'occasion d'une semblable distraction pour son amie ; et nous ne saurions lui en vouloir d'éprouver ce sentiment.
Modeste se tenait sur la porte pour voir rentrer les promeneurs. Augustin qui avait vu son maître riche, paraissait humilié de l'emprunt de cette voiture ; il évitait d'être là pour abaisser le marchepied.
Blanche parlait beaucoup moins d'elle. Un jour, voyant Cécile préparer une potion pour Charles,
ou LA PETITE SŒUR. 153
elle lui dit : « Si j'avais un frère, je le soignerais bien aussi, moi 1 »
CÉCILE
Je n'en doute pas, vous avez bon cœur; mais, puisque vous n'avez pas de frère, Blanche, il faut soigner les parents que la Providence vous a conservés.
dp