C.LAPWft4IT
Augustin survenait pour diriger la balançoire. (Page 51.)
ou LA PETITE SŒUR. 51
arriver une bande, de petites filles en compagnie aes sœurs. A la vue des cornettes blanches, Cécile s'élançait vers sa maîtresse, et, après un bonjour tendre et respectueux, elle courait vers ses compagnes sans perdre un instant. On allait dans le clos ; une partie de quatre coins, multipliés par quatre, s'établissait aussitôt ; quelques chutes sur l'herbe excitaient la gaieté; Augustin survenait pour diriger la balançoire, lui seul avait ce privilège.
Pendant que les enfants prenaient leurs ébats, Modeste préparait un goûter; si le soleil n'était pas trop ardent, on restait au jardin. Il fallait voir la gentille enfant faire les honneurs de la table ! Modeste présidait, mais Cécile seule avait le droit de servir les sœurs, de couper le pain, de verser le lait dans les tasses, d'offrir des fruits; elle se croyait une petite reine ces jours-là : elle ne faisait grâce à ses amies d'aucune de ses richesses : son jardin, sa basse-cour, ses canaris, ses lapins, tout était passé en revue et admiré. Quelquefois un panier de fraises était offert aux sœurs par Cécile qui les avait cueillies le matin; et, si la sœur n'osait accepter, Cécile la conduisait au jardin pour lui montrer qu'il y en avait encore beaucoup.
Rendons justice au frère aîné; il avait eu une excellente idée : Tenfantle dIus aimable peut de-
venir égoïste, si l'occasion de s'occuper des autres, de donner en même temps qu'il reçoit, ne lui est pas offerte.