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donner bien régulièrement des nouvelles de notre solitaire, sur la santé duquel vous avez pu être rassurée en apprenant que j'avais fait moi même, depuis votre absence , un petit voyage en Bretagne. Je ne suis de retour aux Bruyères que depuis trois jours, et déjà j''ai à vous annoncer de bien étranges ëve'nemens ! J'aurais cru devoir vous les îais^&e^ ignorer quelque temps encore, si je n'*avais eu , pour vous en instruire, une voie plus sûre et pins directe que celle de la poste.
En continuant à vous donner Tassurance de la guèrison d^Analole , je vous disais, dans ma dernière lettre *, qu'à rélat de démence auquel ilétait échappé
* Cette lettre n'a pas été retrouvée.
miraculeusement, avait succe'dé une profonde mélancolie dont je craignais le^ suites. Elles commençaient à se réaliser : Anatole voulait mourir, et n'e'tait retenu que par la sainteté d^un serment qui nous lie , et dont je pouvais seul TafFranchir.
Cet engagement , qui lui laissait la liberté de chercher à me prouver la nécessité du parti violent qu^il voulait prendre, m^mposait Tobligation de m'y soumettre s''il parvenait à m''en convaincre. Je dois vous l'avouer , aujourd'hui qu'une circonstance inattendue a donné un autre cours à ses idées, je n'avais pu résister au tableau déplorable qu'il avait mis sous mes yeux, et j'avais été forcé de convenir que l'égoïsme d'une amitié cruelle pourrait
spul imposer la vie à celui que le présent accablait , et à qui Tavenir n'offrait aucune chance de soulagement.
Dans ma dernière lettre de Rennes , je me rendais à ses raisons, et je n^exigeais de lui que d^altendre mon retour pour mettre à exécution son sinistre projet; mais j''avais été frappé, comme d\in trait de lumière, d^une pensée que je voulais mettre au plutôt en acfion, et dès le lendemain je quittai Rennes, avecTinlention de faire un Ions: détour avant de me rendre aux Bruyères. Sur ces entrefaites, une catastrophe, que j^avais prévue depuis long-temps , vint aggraver la position d'Anatole; une rencontre avec le comte de Montford eut lieu dans la foret de
Russy : un duel à outrance en fut la suite.... Le comte fut tué.
Il y avait cinq jours que cet événement s'était passé, et Anatole était déjà convalescent des blessures qu'il avait reçues dans ce combat, lorsque j'arrivai. Je ne fus pas long-temps à m'apercevoir que la mort de son ennemi , loin de rien changer à sa détermination , lui enlevait le dernier intérêt qui le retenait à la vie, le désir de la vengeance !
Après une journée passée tout entière dans Teflusion de l'amitié, Anatole m'amena sur la terrasse de l'Est; sans me dire un mot , il tira de sa poche la dernière lettre de Cécile , que je m'étais déterminé à lui envoyer, et
ll\ CECILE.
m^indiqua de la main le couvent que Ton découvre de cet endrait. « Mon ami, lui dis-je en le serrant dans mes bras , je l^u rendu ta parole, et dans une heure tu pourras disposer de tes jours , si dans ce délai lu n'es pas plus convaincu que je ne le suis moi-même de Ténor mi té du crime que tu te prépares à commettre. » Et je sortis sans prendre le temps de répondre aux questions qu'il m'adressait avee eolère.
Je revins au bout d'un quart-d'heure, et je le retrouvai se promenant à grands pas sur la terrasse où je Tavais laissé : ses pistolets étaient posés sur la balustrade.
« Je suis prêt à vous écouter pour la dernière fois , me dit-il , nrais n'ai-
LETTRE CVir. 25
tendez de moi aucune concession; mon parti est pris irrévocablement, et nulle puissance humaine , ajouta-t-il ^n se saisissant d'un pistolet , ne pourrait me contraindre à vivre un jour de
plus. '3C«^-/4J0i|j
)» — Suivez-moi donô, lui dis-je , mais prenez avec vous vos deux armes , vôiis en trouverez l'emploi, w '^H
En disant ces mots , je le saisis par le bras avec une sorte de violence, 'et je le conduis dans la chambre.
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Je ! nVssaierai pas de vous retracer dans §66 d(etails une scèi^e dopi aucun langage humain ne pourrait vous donner Vi^ëe,,, i^,, . ,,^,| ^.^^^ .