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symptômes médullaires ; combien profonde, au contraire, elle est par ses symplômes cérébraux! et nous verrons que souvent ce n'est pas à la cécité rapide et absolue seule que se bornent les symptômes cérébraux.
A notre sens, le faible développement des symptômes spinaux dans la plupart des cas de cécité tabétique dort s'expliquer autrement que par une coïncidence remarquablement fréquente ; ilne peut s'expliquer par une influence spéciale exercée par la cécité sur l'évolution du tabes : cette « explication » n'en est pas une, c'est reculer la question sans la résoudre.
Certains auteurs l'ont bien compris et ont cherché dans la physiologie pathologique diverses explications. Benenati soutient que la cause de la diminution de l'ataxie dans le tabes avec cécité doit être recherchée dans le développement compensateur des sens auditif, tactile et musculaire; mais, d'une part, ces sens ne sont nullement plus développés dans le tabes avec cécité que chez les tabétiques vulgaires incoordonnés, ils sont même parfois très atteints; d'autre part, cette explication ne serait, en tout cas, valable que pour l'ataxie et non pour tous les troubles sensitifs, viscéraux et trophiques qui font défaut en mème lemps que l’ataxie chez les tabétisants.
Pour Schupfer, c'est en rendant plus parfaits les centres qui président à l'exécution des mouvements intentionnels que la cécilé empêche l'ataxie. Mais, en réalité, l'ataxie est le plus souvent, sinon {oujours, en rapport avec des troubles de la sensibilité objective, superficielle ou profonde, du sens musculaire entre autres; c'est surtout parce que le labétique ne sent pas l'énergie déployée par ses muscles que ses mouvements sont irréguliers, saccadés elincoordonnés ; or, assurément, s’il existait de grosses lésions des cordons postérieurs, ce n'est pas le développement, si parfait puisse-t-il être, des centres cérébraux de l'incoordination des mouvements qui pourrait empêcher
l'ataxie.
De Grandmaison, en 1896, avait déjà cherché à expliquer l’ab-
ne.
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sence d’ataxie dans le tabes avec cécité par le fait que, « la vue ayant perdu son contrôle, le malade ne se rend plus compte des difficultés qui l'entourent ». L'explication n'a qu'une valeur essentiellement hypothétique et ne rend, en tout cas, pas comple de toutes les autres particularités du tabes avec cécité.
Aucune hypothèse ne nous permet donc jusqu'ici de rattacher la lésion optique à la lésion spinale ni de comprendre la relation entre elles que la clinique semble souvent montrer. De nos Jours comme du temps où Joannès Martin écrivait son mémoire, en 1890, « il reste à nous demander pourquoi, dans le tabes à début optique, on voit s'arrêter presque constamment l'évolution de la sclérose des cordons postérieurs, tandis que l’atrophie papillaire survenant chez un ataxique dont l'affection est déjà avancée, ne paraît modifier en rien l'évolution de cette dernière ».
Pour résoudre ces questions, nous avons cru utile de nous adresser à l'anatomie et nous avons pratiqué les coupes de la moelle et des voies optiques d'un grand nombre de cas de tabes avec cécité, morts à Bicètre dans le service de M. Pierre Marie : nous publiercns uliérieurement le résultat de nos recherches anatomiques. Dans le présent travail, nous voulons seulement comparer les tableaux cliniques présentés par les différents tabétiques aveugles que nous avons pu examiner ou dont notre maitre nous a fourni l'observation encore inédite.
Nous avons eu le désir de contribuer à résoudre les deux questions suivantes : 1° quels sont les caractères cliniques de l'amaurose qui s'accompagne de symplômes labétiques? 2° quelles sont lés relations cliniques entre ces symplômes labétiques el l'amaurose?
Pour atteindre ce double but, nous avons pu mettre à profit quaranle-cinq observations de tabéliques aveugles décédés à Bicètre ou encore actuellement en traitement. Seize malades sont encore vivants et ont été tout récemment examinés par nous. L'obser-
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valion de la plupart d'entre eux avait déjà été prise plus ou moins longlemps auparavant; nous avons ainsi pu comparer leur élat actuel avec leur état antérieur et suivre l'évolution de la maladie, la comparaison nous a paru des plus intéressantes, elle nous a permis, dans bien des cas, de nous soustraire aux appréciations souvent fantaisistes et involontairement erronées des malades eux-mêmes. C’est un avantage appréciable que nous avons eu sur ceux qui nous ont précédé dans ce genre d'examens.
Le nombre des cas que nous avons pu examiner nous à paru suffisant pour nous permettre de tirer des conclusions personnelles et de confirmer ou d'infirmer certaines notions qui ont pu
être admises jusqu'ici sans preuves suffisamment nombreuses.
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