‹ Cécité et tabesChapitre 17 sur 67 · RER M OT RP ELEC · texte numérisé non relu

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avait déjà élé très justement faite par Galézowski : « Au début même de la maladie, dit-il, la papille est encore indemne de toutes lésions appréciables. A cette époque, un seul signe se présente pour éclairer Le diagnostic, c'est l'inégalité de l’acuité visuelle d’un œil à l’autre... À un moment quelconque de la maladie (sauf, bien entendu, à la période ultime d'amaurose) on les trouve toujours inégalement affectées comme intensité de troubles fonctionnels. En d’autres termes, l'amblyopie est loujours inégale d'un œil à l'autre. »

La lenteur de l'évolution est des plus difficiles à apprécier. Un seul fait est bien certain, c’est que la cécité tabétique, pour un œil ou pour les deux, n'est jamais soudaine. Pourtant dans deux conditions la cécité peut paraitre soudaine : ou bien l'amaurose, en apparence, subite est unilatérale, ou bien elle est bilatérale. Dans le premier cas, des troubles accusés de la vision ont pu se développer depuis fort longtemps sur un œil, la vision de cet œil peut même être complètement perdue sans que jamais le sujet s'en soit douté : il faut que, par hasard, il ferme l’autre œil pour s’en apercevoir. Tel fut le cas de notre malade Beauv.…, qui, conduisant une voiture, accrocha sur sa gauche, ferma l'œil droit, et s’aperçut qu'il ne voyait plus du tout à gauche. Fournier cite deux cas du même genre : l’un concerne un malade d'hôpital qui reçoit une poussière dans l'œil droit, ferme cet œil et est tout étonné de ne plus voir du tout; l'autre concerne un malade de ville, pourtant bon observaleur de sa personne, qui, couché sur son lit, la tête enfouie à demi dans l’oreiller et l'œil droit recouvert, entend crépiter le feu, regarde dans la direction du foyer avec l'œil gauche resté seul découvert et est tout étonné de ne pas voir du feu; ce dernier cas montre qu'il n’est pas nécessaire d'appartenir à une classe où l'on est peu soucieux de soi-même et où l'on analyse fort mal ses sensations pour rester borgne un temps parfois fort long sans s'en apercevoir. Dans la plupart de ces cas, d’ail-

leurs, quand le malade s'aperçoit qu'un de ses yeux ne voit

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