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objets, à partir seulement du moment où ils n'en distinguent plus les formes ou même les couleurs; d’autres, au contraire, prétendent voir encore alors qu'ils distinguent à peine le jour de la nuit, alors qu'ils ne savent plus où se trouvent les lumières les plus intenses; leur imagination supplée souvent à leurs images visuelles et ils interprètent de très bonne foi dans un sens qui leur paraît logique soit des ombres qui leur restent seules, soit même de pures hallucinations visuelles sans primum movens objectivement constatable. L'intelligence, en particulier, esl un facteur capital dans l'appréciation par les malades du degré de leur cécité. « On voit avec le cerveau, dit Truc (1), autant qu'avec les yeux, et la même vision fera un clairvoyant d’un sujet intelligent ou fortuné et un aveugle d'un indigent ou faible d'esprit. »
Un fait nous a frappé, c’est la durée généralement considérable de l'état que l’on appelle « demi-aveugle » ou « demivoyant » (2), autrement dit, de la période pendant laquelle le malade est incapable de distinguer aucun objet, mais peut seulement dire d’où vient la lumière, distingue le jour de la nuit et sait où est la fenêtre, reconnaît la direction des lampes et parfois voit passer « quelque chose » quand on interpose la main entre la lumière et son œil. À priori, ce fait paraît logique puisque l'impression lumineuse esl perçue par presque toute l'étendue de la rétine, alors que la vision distincte paraît exclusivement réservée à la petite surface de la macula ; nous l'avons mieux compris encore quand l'anatomie pathologique nous a eu montré quelle petite quantité de fibres était nécessaire pour que subsistent encore des impressions lumineuses. L'exemple le plus frappant que nous puissions citer est celui de notre malade
mai 4903.
(t) Truc, Degrés et limites de la cécité, Annales d'oculistique, dans la cécité,
(2) Le terme de « clairvoyant » indiquerait un degré de moins les demi-voyants ne distinguant aucun objet et étant, au point de vue social, complètement aveugles; les clairvoyants, au contraire, distinguantencore à peu près certains objets, ayant 0,1 d'acuité visuelle d’après Truc, étant par là même souvent en état de gagner leur vie autrement que des aveugles.
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Mélin… dont les troubles de la vue remontaient à 1864, qui, dès 1865, était presque aveugle, pouvait distinguer le jour de la nuit, mais à peine les objets et, en tout cas, pas du tout leur couleur; et qui, en 189%, c'est-à-dire plus de trente ans après, avait encore la vague perception de la lumière: nous regrettons de ne pas savoir s'il voyait encore le jour au moment de sa mort, en 1898; mais le fait est des plus vraisemblables, car ses nerfs optiques comptaient encore un assez grand nombre de fibres saines, éparses, trente-quatre ans après le début des troubles visuels, trente-trois ans après une cécité plus complète que celle des vieillards atteints de la cataracte double la plus accusée !
La grande majorité de nos tabétiques aveugles savaient encore distinguer le jour de la nuit et la plupart distinguaient les becs de gaz comme des lueurs; beaucoup même reconnaissalent quelque peu l'état du ciel et savaient s'il était clair ou sombre. Sur trente-deux malades qui ont été spécialement interrogés à ce sujet, onze seulement n'avaient plus aucune perception lumineuse. Parmi les vingt et un autres, quatre distinguaient les objets qui passaient devant leurs yeux, au moins les objets blancs, mais sans reconnaitre leur forme (1). Et pourtant, parmi les vingt etun « demi-aveugles » certains se considéraient comme complètement aveugles depuis de nombreuses années déjà, et l'étaient, en effet, autant, et plus même, que les aveugles par cataracte double la plus complète. C'est ainsi que, parmi les vivants, nous citerons Ramel... dont la cécité avait évolué de 1590 à 1892 et qui, depuis 189?, est complètement aveugle, ce qui ne
l'empêche pas de voir une ombre quand on passe la main devant
(1) Barra…, Ramel..., Bout.…., Laver.…, lors de leur dernier examen, distinguaient les objets blancs qui passaient devant leurs yeux où voyaient les ombres des objets. Beuch.…, Chéz.…, Court.…, Dig..…., Leeb..…., River, Verb.., Desmar..., Bot.., Cous.. Frey..., Ler..., Souch..., Despr..., voyaient le jour et les lumières ; Girod..., Bloch.., Lejeu... semblent les avoir à peine * Dupl..., Fin.…., Jouv.., Bréav…., Cotten.…., "Dor.. Dudo..., Pot... Rei…., Gor.., n'avaient plus aucune impression lumineuse.
UT
distingués ; Beauv.…. :