‹ Cécité et tabesChapitre 25 sur 67 · PAT SR · texte numérisé non relu

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tion de Duchenne, c’est que l'amaurose marche ordinairement de pair avec le strabisme, sans pourtant affecter avec lui des rapports constants.

La fréquente cocomitance de ces troubles sensoriels et moteurs de l'œil a été notée par d’autres observateurs ; le professeur Panas(l)admet que, en réunissantdiverses statistiques, ontrouve les paralysies oculaires mentionnées dans 35 p. 100 des cas d'atrophie optique tabétique. M. Pierre Marie note, en 1892 (2), « qu'il semblerait que chez certains tabétiques l'œil est plus particulièrement frappé, car la névrite optique serait plus fréquente chez les sujets qui ont auparavant présenté des paralysies oculaires. »

Au contraire, Joannès Martin note dans sa thèse : « Contrairement aux assertions de certains auteurs, nous n'avons pas vu, dans nos recherches faites à Bicêtre, que les cas avec diplopie ou désordres oculo-moteurs en général aient une tendance plus marquée que les autres à l'atrophie papillaire. Le tabes abortif, ajoute Martin, à cette occasion, ne nous montre aucune particularité sortant du cadre nosographique du tabes. Sa place à part est seulement marquée par l’état rudimentare du complexus symptomatique, par l'amélioration fréquente des symptômes douloureux ainsi que par l'extrême raretédel’ataxielocomotrice. »

A cette assertion de Joannès Martin, nous opposerons notre statistique, faite comme la sienne sur les malades de Bicètre, mais en différant par le fait que la plupart de nos malades ont été suivis pendant plusieurs années : or, on le sait, le caractère de bien des paralysies oculaires du tabes est d’être transitoires et d'avoir d'autant plus besoin d'être recherchées qu'il s’agit plus souvent de parésies que de paralysies véritables.

Or, sur les quinze malades encore vivants que nous avons pu examiner dans ces derniers temps, six seulement ne présentaient pas de paralysie ni de parésie oculo-motrice véritable. L'un

(1) Panas, Traité des maladies des yeux, p. 707. (2) P. Marie, Leçons sur les maladies de la moelle, 1892, p. 214.

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