‹ Cécité et tabesChapitre 60 sur 67 · HA, LL · texte numérisé non relu

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plète. Il arrive à soulever le bras gauche non sans difficulté, il serre bien avec la main gauche, il conserve le membre supérieur gauche à demi recourbé sous son thorax; la jambe gauche est plus prise, il ne peut la soulever; la bouche est légèrement en point d'exclamation à fine extrémité à gauche.; la langue est nettement déviée vers la gauche ; le malade peut fermer isolément l'œil droit, mais non l'œil gauche. Ilexécute assezbien les ordres simples. Il ne se plaint d'aucune douleur. Les réflexes rotuliens sont restés tous les deux abolis ; les réflexes crémastériens et abdominaux semblent exister très faibles à droite seulement : extension très nette des orteils des deux côtés. Le malade urine sous lui. Il sent partout le contact et la piqûre, mais la sensation paraît faible et surtout péniblement localisée.

Le 1* novembre, le malade tombe dans un demi-coma qui devient complet la nuit suivante. La déviation de la face est peu sensible. Il meurt le 2 novembre 1903, à onze heures et demie du matin (l'autopsie a révélé une grosse hémorragie de Fhémisphère droit, occupant toute la corne occipitale du ventricule latéral et semblant partir de la queue du noyau lenticulaire).

En résumé, chez ce malade, toute la symptomatologie s'est réduite à l'abolition de la vision et à la disparition des réflexes tendineux des membres inférieurs : la faiblesse des membres du côté droit, observée dès le début, tenait peut-être à un léger ictus antérieur ; il a eu dans la dernière année trois ictus de plus en plus forts, le dernier, dû à une grosse hémorragie cérébrale, l’a emporté.

OBsSERVATION XXXII. — Soucn….., soixante-cinq ans, tailleur. Entré à Bicêtre le 19 mars 1898, mort en octobre 1900.

Antécédents héréditaires. — Son père est mort d’un « chaud et froid ».

Sa mère est morte à quatre-vingts ans.

Il ne connaît aucune maladie nerveuse dans sa famille, mais du côté de sa mère il y aurait eu beaucoup de sourds.

Antécédents personnels. — Il ne reconnait aucun accident syphilitique.

Marié, il a une fille qui a seize ans et qui est bien portante.

Il bégaya depuis son enfance.

Histoire de la maladie. — Le premier phénomène a consisté en douleurs survenant par crises dans les talons et les mollets : ces douleurs ont paru pour la première fois en 1892, elles ont persisté jusque maintenant, surtout la nuit.

Vers 1893 ou 1894, à plusieurs reprises, il a eu la sensation de ne pas

être solide sur ses jambes « comme s'il allait tomber »; il a eu aussi plusieurs fois des étourdissements : mais ces sensations étaient sans doute purement subjectives, car il insiste sur ce que ses jambes ont toujours été bien fermes et sur ce qu'il a toujours bien senti la nature du sol sur lequel il avait le pied.

En mars 1896, a commencé progressivement la diminution de la vue, par l’épaississement d'un brouillard, d’abord du côté droit, puis du côté gauche; il a été soigné par M. de Wecker (injections mercurielles), puis par un médecin des Quinze-Vingts : les deux oculistes ont fait le diagnostic de « double atrophie optique en relation avec une ataxie locomotrice ».

La cécité a été complète à la fin de janvier 1898. Il n’a jamais eu ni diplopie ni scotome. Depuis 1896, aussi les fonctions génitales ont diminué. ,

Examen en mars 1898. — La cécité est presque complète. Les pupilles sont en myosis assez accentué. Il n’y a pas de nystagmus vrai, mais seulement quelques secousses, secousses assez fréquentes chez les aveugles.

La motilité et la coordination des membres inférieurs ou supérieurs sont très bien conservées; il marche bien. Réflexes rotuliens abolis.

Quelques douleurs dans les jambes de temps en temps, pas très fortes. Jamais de douleurs en ceinture. Il sent bien partout le contact et la température ; la sensibilité à la piqûre est, au contraire, diminuée sur toute la surface du corps, mais surtout aux membres inférieurs.

Fonctions digestives tout à fait normales. Pas de troubles de la miction ; il se plaint que le jet est faible, mais n'accuse pas de retard, pas d’incontinence relative.

Les fonctions génitales ont considérablement diminué depuis deux ans; il n’a plus que quelques érections incomplètes.

Phénomènes d’angor pecloris : quand il éternue ou fait un effort, il éprouve une constriction forte et douloureuse de la région sternale avec douleurs dans le dos, mais non dans les membres; en même temps il suffoque et sa figure rougit. Les bruits de l'aorte sont clangoreux, le premier bruit est un peu soufflant ; le cœur ne semble pas notablement hypertrophié.

Examen le 8 juin 1900. — Sa vue a encore baissé. Myosis bilatéral, assez accentué; pas de déviation des yeux.

Peut se tenir sur une jambe, mais difficilement et en oscillant, Marche bien, mais au bout de quelques pas, même très lents, il est

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