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teurs d'un tabes que nous soupçonnons, car l'examen opthalmoscopique ne suffit pas, à notre sens, pour affirmer le labes. Une affection bien caractérisée du système nerveux central ne faisait pas partie du milieu dans lequel ont observé ni Charcot, ni Fournier, ni les ophthalmologistes; nous voulons parler de la paralysie générale. Les statistiques au sujet des
‘troubles de la vision dans cette maladie sont dues presque
exclusivement aux aliénistes : la plupart d’entre eux ont admis la grande rareté de ces troubles comparativement à leur fréquence dans les tabes. Récemment encore Binswanger (1) déclarait que « l’atrophie optique appartient surtout, sinon exclusivement, au syndrome tabétique, alors que les paralysies des muscles extrinsèques de l'œil sont à considérer aussi bien comme un symptôme de paralysie que comme un signe de tabes ». Celle assertion doit certainement ètre modifiée. Un examen plus approfondi a, en effet, permis à certains auteurs de découvrir un nombre assez grand d’atrophies optiques chez les paralytiques généraux.
Bouchut, dès 1866, signale trois foisl’atrophie papillaire dans trois observations de paralysie générale; Voisin, Magnan, eu 1868, en rapportent des cas relativement nombreux; Cliffort Allbutt trouve l’atrophie papillaire dans 78 p. 100 des cas; Jehn de Siegburg, dans 49 p. 100; Raoult, Auguste Marie (2), dans 11 p. 100 ; Doutrebente et Boy, dans 5 à 10 p. 100; Uhthoff, dans 8, 6 p. 100 ; Siemerling, dans 6 p. 100; Mendel, dans 4 à 5 p. 100; Peltesohn, dans 3 p. 100.
Ces différences si considérables tiennent évidemment à ce que certains auteurs n'ont considéré comme cas d’atrophie du nerf optique que les cas où la cécité était complète ou ceux du moins
où l’affaiblissement de la vue était fort avancé, alors que d’autres
(1) Binswanger, Zur allgemeinen, Pathologie und pathologischen, Anatomie
der Taboparalyse. Monatschrift für Psychiatrie und Neurologie, 1901, p. 361.
(2) Auguste Marie, Contribution à l'étude des troubles oculaires dans la paralysie générale, Thèse de Paris, 1890.
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ont mis surle compte de l'atrophie optique commençante les lésions les plus minimes qu’ils ont pu observer à l'ophtalmoscope.
C’est ainsi que Tébaldi, en 1870; Noyès, en 1872, trouvent le fond de l'œil des paralytiques presque toujours altéré; que Uhthoff, en 1883, y constate des lésions dans 50 p. 100 des cas; que Schmidt-Rimpler, en 1898, y trouve des altérations plus que dans toute autre maladie, et Kéraval et Raviart, en 1903, dans 82, 35 p. 100 des cas : ces lésions consistent surtout en un état
de trouble, en une détermination peu nelte, nuageuse de la
papille, en un peu de congestion et d'infiltration. En revanche, Billot, en 1875, ne constate l’amaurose vraie que chez trois sujets sur quatre cents; Galézowski, en 1866, chez un seul sur quarante ; Klein, en 1883, chez deux sur quarante-deux; Dawson et Rambaud, en 1898, chez trois sur trente. Le professeur Martin (de Genève) (1), à qui l'on doit la première élude d'ensemble sur le Labes avec cécité, considère la cécité comme beaucoup plus rare dans la paralysie générale que dans le tabes.
Nous nous sommes livré nous-même à quelques recherches des lésions du fond de l'œil chez les paralytiques généraux. Grâce à la bienveillance de M. le docteur Féré et à celle de M. Auguste Marie, nous avons pu examiner le fond d'œil de dix-sept paralyliques généraux internés à Bicètre et d'une quarantaine de paralytiques de Villejuif ; la plupart étaient dans une période avancée de la maladie. Dansl’ensemble, nous n'avons trouvé quetrois aveugles : deux complètement, le troisième presque complètement; nous avons trouvé chez eux l'atrophie papillaire blanche typique, en pain à cacheter, telle qu'on la trouve chez les tabétiques. Chez beaucoup d'autres, nous avons trouvé les bords de la papille plus ou mois flous, les vaisseaux plus ou moins dilatés, dénotant parfois par une anse légère sur le rebord de la papille soit l'épaisissement de ce rebord, soit la
dépression du centre; mais pour qui sail les variations que
(4) 3. Marlin, Communication orale,
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présente normalement l'aspect d'une papille et les difficultés que l’on éprouve à délimiter l’état physiologique de l'état pathologique, il sera facile de comprendre que nous ne voulions tenter d'établir aucun pourcentage des lésions de la papille dans la paralysie générale. Nous ne voulons retenir que ce seul fait : pour nous comme pour beaucoup d'auteurs, l'amaurose lolale est rare dans cette maladie, du moins à la période où on lobserve dans les asiles : nous l'avons trouvée trois fois sur environ soixante cas, soit à peu près dans une proportion de o p. 100.
Mais une constatation nous a frappé dans le cours des recherches bibliographiques : un bon nombre d'observations ont été rapportées où l'atrophie papillaire précéda, parfois pendant de nombreuses années, le développement des troubles mentaux de la paralysie générale : nous citerons seulement celles de Magnan (1), de Nettleship (2), de Foville, de Hirschberg (3), de Wiglesworth et Bickeston (4), de Neil Jameson (5), etc.
Ces deux faits, rarelé de la cécité dans la paralysie générale confirmée, existence parfois de l'atrophie papillaire comme symplôme précurseur de la maladie, nous conduiront à nous poser une question à propos de l'anatomie pathologique et de la symptomatologie des lésions des voies optiques et du cerveau. Nous aurons à nous demander s’il n'est pas logique de penser que la cécité est rare dans la paralysie générale vraie, bien développée, pour la même raison qu'elle est rare dans le tabes vrai, arrivé à son complet développement. Ne la constate-
t-on pas si rarement uniquement parce que la paralysie générale
avec cécité peut être « arrêtée », pour ainsi dire, à une période « prémentale » où elle ne serait pas reconnaissable, comme Île
(1) Magnan, Gazette médicale, 1868.
(2) Nettleship, Ophthalmol. Hosp. Report, t. IX, p. 178.
(3) Hirschberg, Neurol, central Blatt, 1883.
(4) Wiglesworth, Journ, of Mental Sciences, 1889.
(5) Neil Jameson, New-York american journ. of insane, 1895.
AN at-il pas un certain nombre d'aveugles qui ne présentent : SA d autres symplômes de maladie nerveuse que quelque symptôme 34 commun à la paralysie générale et au tabes, comme le signe des 4 3 Westphal, par exemple? et même le processus ne peut-il être ca “ plus limité encore; ne peut-on trouver, comme l'admettait 4 Robin, un tabes ne tnt caractérisé uniquement | n Fr
par la cécité et qu’on pourrait tout aussi bien dénommer Er L
hi générale monosymptomatique ?