VI INTRODUCTION
ditions comprennent aujourd'hui que l'Etat, en les émancipant, les a pour ainsi dire ani'antis par ses ordonnances et ses règlements. Le plus grand nombre, absorbés par les intérêts matériels, ne croient plus à i-ion. C'est ce qu'un célèbre Israélite converti, le R. P. Théodore Ratisbonne, vient de démontrer dans un ouvrage bien remarquable : La Questior juivj.
« Aujourd'liui, dit-il, les Juifs rejettent tout ensemble le mystère du péché originel et la promesse du Rélempteur; ou bien, s'ils invoquent encore le Messie dans la récitation obligatoire des psaumes et des livres prophétiques qu'on lit tous les samedis aux offices de la synagogue, ils n'attachent aucun sens à leurs paroles ; ils les regai'dent comme des formules surannées; ils déclarent même qu'on ne doit plus attendre île Messie, ni demander d'autre affranchissement que celui qu'ils ont obtenu dans leur situation politique. Le Messie est venu pour nous le 28 f écrier 1790, atnec la déclaration des droits de V homme. Ainsi s'exprimait un des organes les plus autorisés des Juifs modernes, M. Cahen, le traducteur de la Bil)le (1). » Dans un autre chapitre, l'autour, après avoir démontré que les gouvernements, en s'immisçant dans le culte judaïque, ont tout altéré, ajoute :
« Remarquons encore que ces bouleversements ne sont pas particuliers à la France; ils se produisent avec plus d'effervescence dans les autres contiées; et, si le cadre de cet écrit le comportait, nous indiquerions ici les schismes rabbiniques déjà pleinement accomplis en Angleterre, en Autrii'he, en Prusse, en Russie (-t dans la Pologne. Partout un esprit nouveau remue les restes d'Israël; partout, sur toute la surface du globe où ils sont dispersés, ils s'agitent et aspirent a irès un nouvel ordre de choses. Le temps actiel est évidemm.nit une transition enire l'état d'immobilité des dix-huir. siècles passés et une régénération future qui ne sera opérée que par l'Evangile ...»
Le [irotestantisme, tombé au rang de simple négation, n'est plus guèrr? pi is au sérieux par personne, dit un célèbre orateur. Comme institution, il a laissé réduire au rang d'une section de l'administration civile ses églises officielles, docilement enchaînées dans l'antichambre de l'Etat, soumises à sa surveillance, à la direction et à l'int-^rprétation dogmatique des laïques. — Comme théologie il a vu son onhodoxie pâlir graduellement devant les doctrines vagues ou perverses qui ont envahi toutes ses uni-
i'^^Archlces israélites, numéro du mois d'octobre 1847, p. oOl.