‹ Célèbres conversions contemporainesChapitre 6 sur 13 · LE R. D'" J. BRADLEY · texte numérisé non relu

LE R. D'" J. BRADLEY

site d'Oxford (Angleterre), où ïl obtint le doctorat, remplissait la charge de pasteur de l'Église épiscopalienne du Seiint-Sacrement, 43® rue Ouest, à New- York. Depuis quelque temps, il laissait percer le désir d'embrasser la foi catholique. La rectitu le de son jugement, ses études et ses recherches l'avaient amené à conclure qua;là seulement se trouvait la vérité. Enfin, le 21 janvier, il prononça dans son église son sermon d'adieu, en prenant pour texte ces paroles : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, etc. » C'était une scène d'un nouveau genre. Le Docteur Bradley était aimé et estimé de toute sa Congrégation, et ce n'est pas sans une pénible surprise qu'on l'entendait raconter comment ses yeux s'étaient ouverts à la lumière, et Ton ressentait une vive douleur de le perdre. On répétait la parole d'un ministre anglican, lors de la conversion de Newman : // était trop bon pour rester parmi nous. Chose bien digne de remarque, en effet, ce sont les meilleurs parmi les protestants qui reviennent à la foi catholique ; peuton en dire autant de ceux qui la quittent (1).

Le docteur Bradley ne déguise pas combien il lui était dur de laisser l Église anglicane, à laquelle il était si attaché. Mais il ne lui était pas possible, sans résister à sa raison et à sa conscience, de rester plus longtemps dans son sein. En étudiant Thisioire, il a reconnu que l'Église épis: opalienne n'a pas con<îervé la foi des premiers siècles ; qu'en se séparant du Siège de Rome elle était tombée dans le schisme, et que maintenant elle affi^jhait les plus monstrueuses er-

(1) Le docteur Bradley n'a que 31 ans; il est sorti de cette célèbre Univeisité d'OxIord qui a donné à ]'É-:lise tant d'éminents convertis: Mgr Manning. l.s PP New uan, Wibtirtorce, Spenccer, les deux \Jarechal et tant d'autres qui ont jeté un si grand lustre en Angleterre et donnent tant d'espérances pour la conversion de ce pays.

reurs. Les évêques anglicans réunis à Baltimore n'ont-ils pas sapé cette Église par sa base en niant le changement moral qui s'opérait par le baptême, et en profanant le sacrement de la Cène ? S'ils croient Jésus-Clirlst présent dans TEucharistie, pourquoi lui refusent-ils leurs adorations? Les évêques anglicans ne se font pas scrupule de communier avec les presbytériens et les autres sectes. Il n'y a donc plus de critérium de vérité pour eux. Le jeune docteur Bradley est heureux de sortir de cette Babel protestante et de se convertir franchement à la doctrine de la suprématie papale. 11 justifie son texte par des citations de saint Chrysostome, de saint Augustin, et reconnaît dans rÉvêque de Rome le successeur de Pierre, Il n'éprouve aucune peine à admettre l'infaillibilité du Pape, « Notre Seigneur, dit-il, est sans doute le Chef de l'Église ; mais il a un Vicaire sur la terre. Une Église infaillible doit avoir un Chef infaillible. Le Pape, agissant comme Chef de l'Église, ne peut errer. » Voilà une doctrine qui sourit et calme les appréhensions de notre fragilité. (On a déjà fait la remarque que les ministres protestants qui reviennent àTÉglise admettent tous sans difficulté les décisions du Concile du Vatican.) Le docteur Bradiey n'est pas un fanatique. Il embrasse la foi catholique parce qu^il n'en trouve pas de meilleure. On demandait au P. Ignatius Spencer, qui de ministre anglican était devenu prêtre catholique : Pourquoi prenez-vous toujours les troisièmes places en voyageant? — Parce que, dit -il, il n^y en a pas de quatrième. Il en est de même du doîteur Bradiey. La foi catholique est pour lui la véritable et parfaite forme du christianisme. Il croit l'Église une, sainte, catholique et apostolique; il trouve ces quatre marques seulement dans l'Église romaine. En terminant, il engage ses auditeurs à réfléchir, à

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