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NEVIU DU CARDINAL MERCIER

Edition des Oeuvheb de Son Eminence le Cardinal Mercies.

38, Boulevard du Jardin Botanique.

Bruxelles , le 15 octobre 1926

Madame,

Par le meme courrier, je vous retourne le manuscrit que vous avez Vintention de publier sur le regrette Cardinal Mercier. Merci de ceite communication d’un si puissant inter et. A votre priere, j’ai fait quelques retouches de details qui vous interesseront peut-etre.

J’ai toujour s pour mon Oncle le plus grand culte, et je sens que, du haut du del, il nous protege, il nous benit,

Depuis que ses restes reposent dans la crypte de la cathidrale de Saint-Rombaut, a Malines, les fideles n’ont pas cesse de venir prier sur sa tombe. Le bon Dieu, qui Va beaucoup aime, lui reserve peut-etre de continuer aprfa sa mart sa mission de bienfaisance et de ckariti.

CibLEBRITES

Soyez mille fois remerciee, Madame, de faire revivre cette noble figure. En faisant connaitre davaniage le Cardinal, vous contribuez pour une large part a eveiller dans les ames Vamour des grandes vertus de sa vie, surtout son ardente devotion pour JSsus-Christ et sa sainte Mere.

Daignez agreer, Madame V expression de tout mon respect in Xto

J. Mercier, ptre.

S. E. LE CARDINAL MERCIER

La faraille du Cardinal appartenait jadis a la bourgeoisie lettree du Cambresis et ses armes etaient : « un ecu frangais, ecartele aux premier et quatrieme, d’argent a trois tourteaux de sables, aux deuxieme et troisieme d’azur a six etoiles a cinq rais d’azur ». Mais 1’un de ces Mercier, attire par les plantureuses fermes du Brabant wallon, vint, en 1644, s’etablir a Nivelles d’abord puis a Braine-l’Alleud, et y fit souche d’agriculteurs et d’eleveurs.

Peu a peu l’industrie tenta ces terriens et leur fit perdre la fortune amassee dans les sillons du sol ; le grand-pere du cardinal exploitait une tannerie a Braine, ou il fut maire pendant trentequatre ans. On l’appelait le « vieux maire ». La famille alors connut des jours heureux dans le « chateau du Castegier », residence rurale qui subsiste encore dans ces parages impregnes des souvenirs de Waterloo.

Si le vieux maire l’efit permis, son fils Paul-Leon s’en fut alle a Paris pour devenir artiste. II voulait etre peintre et gagner de la gloire, mais il avait compte sans l’autorite paternelle. En fils docile,

c£lebrit£s

il sacrifia ses ambitions, ne reservant a la peinture que ses heures de loisir . . .

Un jour, un etudiant de Braine, Adrien Croquet fut proclame primus perpetuus en philosophic, au Seminaire de Malines ; le jeune artiste organisa la fete pour recevoir le laureat et y rencontra la soeur de celui-ci, mademoiselle Barbe Croquet, qui devint plus tard sa femme et la mere de l’illustre cardinal. (1)

Ne le 21 novembre 1851, Desir6-F61icien- Frangois- Joseph Mercier succ6dait a quatre filles dans le berceau de bois sculpte ; apres lui, quatre enfants, un fils et trois filles, vinrent encore sourire aux parents heureux. Tout ce jeune monde v6cut dans l’aisance, jusqu’au jour ou la creation d’une distillerie causa la ruine du pere. Paul-Leon Mercier fut affecte si profondement, que sa sante s’en ressentit, et sa mort prematuree fit de sa veuve la gardienne de sept orphelins. Courageuse, Barbe Mercier quitta, six ans plus tard, le ch&teau qu’elle avait vendu pour se retirer dans une maison plus modeste, tout pres de l’eglise. C’est au pied de l’autel que la vaillante veuve allait chercher une consolation a ses infortunes. Et la mere, de

(1) Quant au primus, son oncle maternel, devenu l’abb6 Adrien Croquet, apres treize ans de minist&re en Belgique, son zele d’apotre le dirigea vers les tribus indiennes de l’Origon. II passa quarante ans k Grand-Roud et y baptisa le dernier des palens. On le surnomma « the saint of Oregon ».

S. E. LE CARDINAL MERCIEE

concert avec ses grandes filles, inaugurait une vie de travail et de privations ; a tout prix, elles voulaient amasser les ressources necessaires a l’instruction du petit Desire, dont les aspirations vers le sacerdoce faisaient chanter l’espoir dans tous ces cceurs unis.

L’enfant fut initie a l’etude du latin par le vicaire de Braine, M. Oliviers ; en 1863, il entra en cinquieme latine au college de St- Rombaut, et en 1868, au petit seminaire de Malines. Ici et la, le jeune adolescent ne tarda pas a briller parmi ses condisciples. A l’&ge ou bien d’autres ne font qu’elaborer des projets, Desire Mercier affirmait tout haut que (( l’ideal n’est pas un reve de nuit etoilee, mais une conception tres haute de notre devoir)).

Plus d’une fois, il a raconte les debuts de sa vie a ses seminaristes, et il a rendu ce magnifique hommage aux maitres de son enfance :

« Ils m’ont appris a obeir, a travailler, a oser.))

Et de fait, le collegien de Malines fut obeissant, laborieux, audacieux, aimant la vie et les jeux comme il aimait l’etude. Volontiers, il se melait aux solides camarades et savait « lutter dans les concours au piquet ou au jeu de quilles, pour

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