en est même d’assez naïfs et pusillanimes qui
CÉLIBAT
refusent de se marier par crainte de s’épuiser en remplissant leur devoir conjugal. L’absence de désirs d’une part et leur continence prolongée de l’autre, en sont les motifs ordinaires; mais surtout une éjaculation tardive, prolongée. Aucun n’est absolument valable, car si ces garçons sont plus prolifiques les uns que les autres, l’usage et l’occasion suffisent à exciter la fonction spermatique sans nuire au corps. « Je ne conseille pas, dit Platz, à des personnes bien constituées, de s’astreindre à une abstinence mal raisonnée, dans la crainte d’user leurs forces; c^est au contraire un moyen de les affaiblir que d’exiger de la nature, c’est-à-dire l’organisme, un sacrifice auquel elle ne peut se prêter et qu’elle repousse, en raison des obstacles qu’on lui oppose. » [De ohlectamentorum incommodis, Lips, 1740).
Un sentiment analogue, la crainte, la peur de la maternité fait aussi rester un certain nombre de filles dans le célibat. C’est le contraire de la majorité, se mariant surtout en vue de cette fonction inhérente à la femme et tout à son honneur. La plupart de ces exceptions sont des filles lymphatiques, simples, timorées et froides à l’excès. Tous les médecins accoucheurs ont rencontré de ces primipares, épouvantées en se voyaut enceintes, contrairement aux femmes rachitiques, difformes, bossues ou boiteuses qui ne s’en inquiètent pas assez. Leur célibat n’est donc pas plus regrettable que celui des libertins et des débauchés par l’hérédité dont leur progéniture est menacée.
La même crainte existe pour la postérité de ceux qui restent volontairement célibataires par immora-
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lité, égoïsme, iïitérêt ou tout autre mobile. Il faut en effet que la cause déterminante, passion ou vice, ne serait-ce que l’originalité ou l’entêtement, soit plus forte que le penchant et le goût si naturels du mariage pour les neutraliser, les annihiler. Ce n’est pas alors l’idée du célibat qui se transmet aux enfants ainsi conçus, mais la passion même, l’excentricité qui le produit chez le père et la mère. Il peut ainsi s’entretenir et augmenter, jusqu’à l’extinction des doctrines positivistes qui le provoquent, le favorisent et la réforme des mœurs immorales en résultant.
Il est difficile de citer ici des exemples à l’appui de ce célibat par 1 impossibilité même de convaincre personne d’y être resté volontairement. L’avouer, c est proclamer son immoralité, ses vices, comme les prostituées et les pédérastes. Si quelques frondeurs déclarent effrontément, sans vergogne, leur goût pour cet état, c est plutôt en vue de se vanter impudemment de leurs prouesses et leurs bonnes fortunes de libertinage que 1 aveu de n’avoir jamais pensé au mariage. Où est donc le libertin qui ne l’a pas invoqué près de ses victimes pour les séduire? Le nier, c’est avouer que les femmes galantes ou de vulgaires prostituées ont été leur seul point de mire. Ces faits, ni probants ni convaincants, seraient donc inutiles, superflus; on les prévoit assez.
Les filles ne reconnaissent jamais être restées volontairement dans le célibat par aversion ou mépris du mariage ; ce serait se condamner à la honte et au mépris publics. Les hommes ni les mères ne leur
CÉLÏBAT
pardonneraient d’avoir menti à l’aniQur et au dévouement de leur sexe, de s’être refusées aux passions qui le rendent si touchant, et surtout à la maternité qui lui donne sa prééminence. Une cause adjuvante est toujours invoquée à l’appui pour le justifier, serait-ce, à défaut de toute autre, leur réllexion, leur liberté ou leur indépendance. Les parents en connaissant les raisons de leurs refus, pourraient seuls, les en convaincre, s’ils n’étaient ordinairement aveuglés.
Les religieux, garçons et filles, l’avouent implicitement par leur excuse légitime. On verra au Célibat religieux et par amour combien souvent elle est Laisse et erronée.