‹ Célibat et célibatairesChapitre 13 sur 103 · B5L10IEUX · texte numérisé non relu

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rément. Ob.servez ces jeunes filles chlorotiaues langoureuses, semblables à des fleurs pâles, étiolées ’ attendant les rayons fécondants de l’astre qr,i les anime. Leurs journées passées dans la retraite le recueillement et la prière, sont tristes sans les feux de l’amour qui couve sourdement en elles. Aimer est un besoin si essentiel de la vie morale de la femme, que sa santé physique est compromise dès qu’il n’est pas satisfait. C'est l’attribut de son exquise sensibilité et de sa tendresse. Il faut qu’elle aime quelqu’un ou s y dévoué pour servir d’aliment à son âme aimante. A défaut d’un mari ou d’un enfant pour absoiLer sou cœur et épancher ses sentiments, elle choisira un amant ou une amie, si elle ne se dévoue à sa famille ou à l’un de ses membres. Beaucoup moins que l’homme, distrait par ses occupations actives, elle ne peut vivre dans l’isolement et 1 égoïsme; il faut qu’elle se donne pour vivre selon son cœur ; autrement, sa vie est flétrie et n’est souvent qu’ime mort anticipée.

Be la les chants passionnés, composés par les directeiirs.de toufes ces jeunes vierges, â l’adresse du divin Sauveur Jésus. Connaissant bien le pressant besoin de leur cœur d’aimer, d’épancher leur intarissable amour en quelqu’un, ils leur ont présenté pour mieux les satisfaire que l’esprit de Dieu, un dieu-homme, homme comme celui qu’elles pourraient aimer, sofs les traits divins du Sauveur. L’illusion est ainsi complète.. Elles peuvent le voir, le contempler, le toucher même, en lui adressant leurs ardentes protestations de dévouement et d’amour

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et lui offrant leurs adorations et leurs embrassements !!!...

Mais toutes ces brûlantes prières, adressées du fond du cœur dans l’exaltation, l’extase, le ravissement de l’amc, ne sont qu’un vain palliatif. Elles augmentent le besoin de la réalité et rendent pins intenses les exigences du corps. L’adoucissement offert ainsi est plus dangereux que le mal. C’est jeter de l’huile sur le feu, sans pouvoir éteindre la flamme qui dévore toutes ces pures victimes. Si sacré soit-il dans leur célibat perpétuel, ce feu rallumé tous les jours dans leur cœur et leur corps ne fait que les consumer plus sûrement. De là les maladies de consomption, dont les religieuses sont si souvent atteintes. Les plus vertueuses sont les plus exposées à ces conséquences. Qu’une diathèse latente existe et elle ne tardera guère à éclater sous cette influence par la chloro-anémie qui règne à l’état endémique dans ces institutions, suite de la vie cloîtrée, recluse, que l’on y mène dans le recueillement et la prière. Les affections de poitrine et du cœur y sont ainsi très fréquentes, surtout chez les jeunes nonnes. *

Comme on juge de l’arbre à ses fruits, il est bien permis demesurerla valeur de ce célibat à ses effets. Ils sont déplorables, révoltants, d’après les faits et les détails précédents. Il n’est dont pas étonnant que les arrêts les plus sévères et toutes les foudres de la justice, de la vérité et du bon sens aient été lancés contre son institution. 11 est curieux de remar-

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quer combien l’Église a essayé, par tous les moyens, de propager la loi du célibat, loi si profondément immorde à mon avis, » a dit Louise Colet;et George Sand d’ajouter : « Le jour où l’Église a condamné ses lé\ites au célibat, elle a créé dans l’humanité un ordre de passions étranges, maladives et impossibles à tolérer. » La loi civile française a donc aboli justement tous les vœux séculiers entraînant le célibat perpétuel, en réduisant leur valeurlégale à un temps très limité.

Autrefois, le célibat religieux était utile à l’autorité et à la grandeur de la religion catholique, en fixant et développant l’aptitude et les qualités de ses ministres sur le point essentiel et capital de leurs facultés. Il faisait scintiller leurs vertus .comme leurs vices. Hildebrand et Alexandre VI, voire même Jules II et Sixte- Quint, ont ainsi pu saisir le sceptre universel de la triple couronne papale. Bien d’autres grands hommes l’ont suivi depuis, pour obéir plus sûrement à leur vocation d’apôtres, de prédicateurs ou de moralistes, qui en est peut-être 1 indication la plus rationnelle. Des poètes, d^ peintres, des savants illustres, adonnés tout entiers à leur génie, ont pu le garder toute leur vie, sans aucune vertu sanctifiante analogue à celle de la consécration.

Aujourd hui, cette Église a cessé d’être une puissance politique et n’a plus à absorber les forces de- solitaires. Il est inadmissible d’ailleurs, comme on l’enseignait autrefois, qu’une continence absolue aug mente 1 énergie morale, l’étendue et la perfection des facultés. Elle n’a jamais eu pour effet de rendre les

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hommes plus spirituels ni courageux, et rabondauce du sperme dans ses réservoirs est* sans influence sur l’imagination. Gomment cette accumulation agirait-elle sur le cerveau, quand aucune communication directe n’existe que par le sang, alors que la densité, la concressence des principaux éléments spermatiques s’oppose à leur solubilité? Au contraire, la rétention lui est souvent nuisible et préjudiciable. Si tant d’hommes de génie ont pu vivre dans la continence, c’est que leurs travaux, soutenus avec enthousiasme et ténacité, absorbaient tous leurs sentiments par l’exercice de leurs facultés. Beaucoup d’ailleurs sacrifient les douceurs du mariage à leur passion dominante, leur idole, sans rester continents.

Deux fonctions aussi prééminentes et transcendantes que la pensée et la génération, l’esprit et la matière, ne peuvent guère être remplies, exécutées avec une égale perfection. Leur étroite sympathie, en donnant également lieu à un produit nouveau, les empêche de s’équilibrer : l’excès de l’une nuit toujours à l’usage normal de l’autre. L’exercice trop actif et fréquent des organes génitaux et les pertes séminales et nerveuses en résultant, nuisent essentiellement aux facultés intellectuelles. D’où la gravité des pollutions involontaires chez les hommes d’étude. Les exceptions à cette règle sont trèS' rares et momentanées. C’est une loi commune à l’organisme. Une extrême contention d’esprit ne coïncide guère avec l’exercice normal et régulier des fonctions sexuelles; mais celui-ci est pârfaitement compatible avec les actions d’éclat et les œuvres d’un urand mérite.

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Il est dès lors admissible que le célibat convienne parUcuLèrement aux ecclésiastiques et aux reli<^ieux voues à la prédication, l’étude, les recherché de bénédictin. Les anaphrodites ou les mal sexués aitemts de difformités incompatibles avec le mariase n ont que des bienfaits à en recueillir. Mais que les individus les plus simples, ignorants et même grosiers des deux sexes, dont l’organisme sensuel est seul impressionnable, y soient soumis uniformément et sans examen par la loi ecclésiastique, c'est un nonsens révoltant, impie et antisocial. Les mesures severes, rigoureuses, du silence et du jeûne, de la nouiriture exclusivement végétale, du travail manuel, du sommeil interrompu pour la prière en commun et tant d aulres macérations, employées chez les

les efforts necessaires pour combattre et vaincre la chair chez ces vénérables frères. Grâce à ce réo-ime les plus solides peuvent ainsi atteindre un âge avance’

noineTr’ - et des cha-

rmes, des eveques et des cardinaux, faisant bonne

chere vivant au milieu du monde et de la société avec toutes ses pompes et ses œuvres?

Sans ajouter foi à tous les effets morbides de la continence, admis autrefois, il est évident, par la démonstration certaine et positive des nombreuses graves maladies résultant des abus vénériens nue la contmence absolue doit en produire de même. La

hoi/Lr"'r ? liygiénique de cette fone-

et des mSo°V"i'” des douleurs

Jtc.ations locales; elle réagit sur le système

nerveux en le troublant, le perturbant jusqu'à la folie. Il n’est donc pas exact de dire avec le docteur Mayer que le commerce des sexes peut être réfréné sans péril. Les exemples en sont si rares, même sous l’habit religieux et dans le célibat, qu’il n’a pu faire la preuve de cette assertion par la comparaison de la mortalité parmi les religieux et des ouvriers du même âge aux deux périodes . extrêmes de la vie génitale.

Sur 100 religieux des deux sexes, pris dans différents ordres faisant vœu de chasteté, et 100 laïques exerçant diverses professions, il est mort:

T3e IG à 25 ans 2,G8 religieux et 1,48 seulement d’ouvriers.

De 31 à 40 ans 4,40 — 2,74 — —

Ces résultats, conformes à ceux de Deparcieux, publiés en 1476, confirment donc la nocuité du célibat et de la continence. Si, d’après les tableaux de Casper, sur 100 individus exerçant des professions libérales, 4^2 ecclésiastiques arrivent à 70 ans, tandis qu’il n’y a que 2d avocats, 28 artistes, 27 professeurs ou maîtres et 24 médecins, cela prouve que les premiers, à l’abri des soucis, des peines et des périls de la vie civile et familiale, en jouissant de tous ses avantages, peuvent vivre plus longtemps.

Cette longévité des ecclésiastiques est confirmée par Descuret. Sur loi morts à Paris de 1823 à 1842:

lOG avaient plus de GO ans.

6 dont l’àge n’était pas fixé.

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Sur 302 religieuses carmélites, mortes à Paris dans leur maison de la rue d’Enfer durant le même temps :

60 avaient plus de 60 ans.

Avec les 160 dont l’âge n’est pas fixé, d'est donc une durée moyenne de la vie à 57 ans 4 mois, ce qui n’a rien d’extraordinaire. On ne peut l’attribuer « aux douceurs de la retraite et de la contemplation mettant à l’abri des passions mondaines qui agitent et consument, » comme disent les partisans de cet état. Prétendre que celte privation est dans la nature, d’après l’exemple unique des Trappistes et des Chartreux, c’est confondre volontairement l’exception avec la règle . Elle est antiphysiologique et rend la vie anormale et artificielle. L’Église catholique ne peut le faire tolérer et en montrer les avantages, s’il en a, qu’en donnant à ses prêtres comme à ses religieux la liberté de se marier en renonçant à leurs vœux. Autrement, sa chaîne est comme celle de la séparation judiciaire des époux, les réduisant à vivre réciproquement dans l’immoralité ou le concubinage. Tout en respectant la liberté pour chacun de vivre à sa guise, la loi ne doit pourtant pas tolérer ni protéger celle qui entraîne des résultats aussi dangereux au progrès et la prospérité du pays, que la prostitution publique.

Il suffit bien, encore une fois, de l’immoralité et la criminalité même, entretenues dans l’Église par ce célibat, pour le condamner et le détruire. Dans l’impossibilité de recueillir ni d’énumérer tous les

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attentats aux mœurs dont les prêtres et les congréganistes se rendent journellement coupables, la constatation ofiiciellc du fait qu’ils en commettent six fois plus que les autres hommes montre assez toute la réprobation qu’ils méritent et le danger qu’ils oifrent. Sans compter tous les cas ignorés, qu’ils réussissent à cacher mieux que personne et restant ainsi impunis. Le crime du prêtre Léger, enleyant une jeune hile, la violant et la tuant ensuite pour boire son sang, n’est-il pas fait pour abhorrer ce célibat en pensant que le sacrifice divin, la communion, la confession et l’instruction de la jeunesse peuvent être confiés à de tels monstres, en vertu môme du célibat ecclésiastique ! !

Mais il n’y a pas à se faire illusion, comme nous le disions en 1879 dans le Mariage. L’Église romaine n’abolira jamais le célibat ecclésiastique ; elle ne le peut pas! Non possumus, répond-elle invariablement, malgré les brèches faites de toutes parts à son intégrité. Il est indispensable à sa constitution, son indépendance, son existence même. Ce n’est pas à la religion que cette abolition serait préjudiciable, mais à la hiérarchie et la discipline de l’Église. Que le prêtre ait une famille et il n’en sera que plus moral et plus religieux ; mais il échappera du coup au réseau qui, isolé et dépendant, l’enserre et le captive dans ses paroles et ses actes. Marié, il redevient libre et échappe au joug romain.

C’est donc à la loi civile de faire ce que l’Église ne peut pas. Qu’elle affranchisse le prêtre de ses vœux, à l’exemple des religieux séculiers ; qu’elle le reçoive

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aa mariage quand il le demande et elle favorisera ainsi Taccroissement de la population et la puissance de l’État. C’est son droit et son devoir. Hésiter à rompre cet anneau d’alliance avec le Concordat, c’est activer et précipiter la séparation violente de l’Église et de l’État qui brisera entièrement ce célibat.

Différentes mesures préventives pourraient alors être édictées spécialement contre l’extrême fréquence de ce célibat et ses dangers. Elles se distinguent en fiscales et sociales, car outre le droit à accorder aux prêtres de pouvoir se démettre de leurs fonctions, après dix, ans de ministère, comme tous les élèves des Écoles supérieures du gouvernement, il en est d’autres à accordera ceux qui préfèrent y rester indéfiniment.

, Mesures fiscales. De même que toute donation entraîne des droits fiscaux envers l’État par l’acte qui la consacre, pourquoi ceux qui entrent au couvent en sont-ils dispensés, en les faisant -en argent ou en valeurs mobilières transmissibles de la main à ! ) main ? Il ne suffit pas que ces valeurs paient un droit annuel à l’État, leur transmission devrait être constatée par un acte, comme tout apport dans une association châle, commerciale ou industrielle, avec un droit équivalent. Il ne doit y avoir aucun privilège dans une République démocratique et tous les biens de mainmorte doivent disparaître.

En connaissant mieux, par cette première mesure,

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]a fortune approximative de chaque ordre ou association religieuse, l’État pourrait exiger un droit de succession au décès de chacun de ses membres. Puisqu’ils ont enrichi la congrégation, n’est-il pas juste que celle-ci paie un droit à l’État, comme héritière de sa quote-part dans la communauté? En les soumettant toutes ainsi au droit commun, il n’y aurait pas tant de fortunes particulières qui s’y enseveliraient, et dès lors moins de membres pour s’y enfermer.

Mesures sociales. La première est de soumettre uniformément tous les séminaristes et les novices religieux à la loi du recrutement, comme les divers étudiants de leur âge, soit qu’ils s’en exonèrent par le volontariat d’un an, soit qu’ils l’acceptent en tirant au sort. Ce devoir civique de tout Français ne devrait comporter aucune exception que les infirmes ou les incapables ; chacun pouvant être utile en temps de guerre pour un service quelconque. Combien de vocations ecclésiastiques et religieuses s’évanouiraient aussitôt par cette entrée dans la caserne et l’essai de liberté en résultant ! Cette vocation ne serait d’ailleurs que fortifiée par cette épreuve pour ceux qui y résisteraient, et c’est alors qu’au jour du danger, ils pourraient sinon porter les armes, au moins ramasser et panser, consoler fraternellement les blessés, avec les secours de la religion et leurs services au besoin. C’est en se démocratisant que la religion se fait respecter et aimer de tous.

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Droit d’adoption. A défaut du mariage des ecclésiastiques, il est un autre moyen d’adoucir leur célibat et d’en atténuer la solitude : c’est de leur reconnaître légalement le droit d’adopter un enfant, commun à tous les Français des deux sexes, célibataires ou mariés, à l’âge et dans les conditions fixés par la loi. Physiologiquement, la vue, le contact incessant d’un jeune adolescent dont on a pris la responsabilité devant Dieu et la société, est un sédatif, un calmant bien plus efficace que tout autre remède pour combattre et réprimer les révoltes involontaires des sens produites par le célibat. L’usage du bois d’agnus castus, du nénuphar, des bains, saignées, des lotions froides, du jeûne, des macérations du corps, n’ont pas plus d’influence locale, , directe, sur le sens génital, que les études abstraites, absorbantes, mathématiques, f exercice corporel, la chasse, recommandés par les plus savants casuites, reconnaissant implicitement par là que la grâce était sans action à ce sujet chez les plus purs et les plus chastes. La sanlé seule peut être troublée, altérée par toutes ces pratiques antihygiéniques. On porte atteinte par là au corps, à la vie et l’existence dont chacun est responsable devant qui la dispense pour la rendre aussi utile et profitable que possible, suivant les lois de la solidarité humaine. Y attenter par le jeûne, les privations, les macérations, en vue d’empêcher une fonction de s’accomplir, est donc un véritable suicide, un crime, tandis que les soins paternels rendus à l’orphelin sont une grâce sanctifiante et le plus grand bienfait. 19.

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Aussi n’est-il pas rare de voir les meilleurs prêtres, ayant conservé l’esprit de famille, s’entourer dans leur isolement d’un parent ; neveu ou nièce, pour surveiller leur instruction et leur éducation ; frère ou sœur, sinon père ou mère lorsqu’ils sont veufs. C’est le préservatif souverain contre l’ennui, les passions occultes ou les vices cachés, qui atteignent trop souvent le prêtre dans son isolement, comme la luxure, la gourmandise, l’ivrognerie, sinon la paresse et toutes les maladies et les infirmités qui en sont la conséquence. En le transformant en chef de famille, cette qualité lui crée de nouveaux devoirs qui, en l’occupant, le rendent meilleur et plus sociable. Là est le principal avantage du célibat en général, comme on Ta vu, page 153, et au Célibat à deux. Un prêtre franciscain du Mexique avait conservé une si tendre affection pour son jeune frère, qu’il l’éleva, le maria et le conserva ainsi toute sa vie dans son presbytère. Il s’empressa de lui donner tous ses soins quand il fut atteint d’un ramollissement de la moelle à 42 ans et lorsqu’il succomba, après deux ans de traitement ici et là, il se chargea de ses deux petits orphelins. Sanctifié ainsi par la fraternité, ce célibat est respectable, digne d’éloge et d’encouragement.

Avec ce droit d’adoption, tout prêtre, à défaut de famille, pourrait ainsi se charger d’un enfant. Mais la morale des casuistes s’y oppose. Réalisée par un ancien prêtre catholique qui avait quitté son ministère depuis longtemps et qui n’avait pas pris cette qualité dans l’acte d’adoption, celle-ci avait été

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confirmée par deux jugements rendus en 184o, en première instance et en appel, d’après les motifs suivants : Ce que la loi ne défend pas explicitement est permis; aucune loi civile ni aucun canon reçu en France depuis le Concordat n’interdit cet acte au prêtre. Néanmoins, la^CQUr. de cass^Con a infirmé cette jurisprudence par un arrêt longuement motivé établissant qu’elle encouragerait l’immoralité du prêtre et la sanctionnerait en pouvant légitimer à son gré ses bâtards, en leur donnant son nom et son héritage par l’adoption. Ce serait le pseudo-céli“ bat organisé et toléré, à l’instar de la prostitution, a dit M, de Cormenin, sous le pseudonyme de Timon, le célèbre pamphlétaire du gouvernement de Juillet. Le remède serait pire que le mal, dit-il dans sa défense.

Au point de vue de l’Église romaine, c’est possible; mais quoi de plus juste et naturel qu’un père reconnaisse son enfant en quittant le ministère sacré? Est-il donc préférable, pour la justice divine, que ce père indigne reste dans les ordres avec des enfants abandonnés et ne puisse expier sa faute en les élevant? O logique ecclésiastique I

Un accommodement plus simple et religieux se présente. Il est offert par f A66é Constantin, roman. . . historique de L. Halévy. C’est un type à imiter par le . curé de campagne, aux croyances simples et fermes comme tout pasteur protestant, formant un modèle de charité chrétienne, d’union et de concorde entre le riche et le pauvre. Au lieu de vivre pour lui-même, confiné dans son presbytère et son église,

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