‹ Célibat et célibatairesChapitre 14 sur 103 · VA · texte numérisé non relu

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CÉLIBAT

au milieu de quelques vieilles dévotes, veuves ou célibataires — formant avec elles uneespèce de sanhédrin contre tout ce qui se dit et se faitautour d’euv — il visite tous ses paroissiens et exerce son ministère en leur enseignant la morale chrétienne par son exemple, ses entretiens familiers et en leur faisant pratiquer par ses actes. Il est l’ami des riches pour les intéresser aux misères des pauvres, des déshérités, des malades, des blessés, qu’il connaît et visite particulièrement pour les consoler, les soulager. Il les soutient, les réconforte, non seulement au nom de Dieu, en leur répétant les sublimes paroles du Christ, mais il devient leur providence en leur distribuant les secours qu’il recueille, collecte secrètement ou qu’il fait donner publiquement. C’est l’exemple moralisant et salutaire, le ministère efficace qui fait du curé de campagne le représentant de Jésus sur la terre, au nom même des principes éternels de charité et d’amour qu’il a promulgués.

Chacun comprend la religion en présence de tels exemples ; elle devient perceptible, évidente à tous, savants et ignorants, dans sa forme la plus pratique, bien mieux que par l’administration des sacrements. C’est la religion du cœur qui le fait l’intermédiaire entre ses paroissiens pour les apprendre à s’aimer, s’entr’ aider, se réconcilier et se pardonner réciproquement ; il la prêche bien plus éloquemment ainsi que dans un prône ou une savante homélie théologique. Elle s’impose alors, dans la prospérité comme dans l’indigence, la misère, la joie ouïe deuil.

Pour mieux suivre encore cette douce parole du

RELIGIEUX

Maître : « Laissez venir à moi les petits enfants, » Tabbé Constantin les aimait et s’y attachait particulièrement à cause de leur cœur pur. Il voulut ainsi être le parrain de l’unique enfant de son meilleur ami, le docteur Reynaud, son puissant auxiliaire près des malades et des blessés et qu’il avait appris à connaître, de père en fils, au lit des malades. Aussi, lorsque le père de Jean tomba mortellement frappé d’une balle perdue, en pansant les blessés de Souvigny sous les murs de Villersexel, dans la fatale guerre de 1871, et qu’à cette terrible nouvelle, la mère en tomba foudroyée de douleur, l’orphelin de 14 ans devint le véritable enfant de l’abbé Constantin. Il le recueille au presbytère et ne cesse de veiller sur lui avec une affection, un dévouement, un amour tout paternels, sans que personne pensât à s’en formaliser. Ceux qui dédaignent de l’imiter eussent seuls pu en médire par jalousie. Sa vieillesse en fut tout occupée, remplie et embellie par les succès de son filleul et il eût même la douceur d’aider inconsciemment à lui désigner une compagne et de bénir leur mariage pour couronner cette belle carrière du curé de campagne.

N’est-ce pas là un magnifique exemple et un modèle à suivre pour tous les vrais prêtres, pénétrés de leurs vœux de chasteté et qui veulent les observer religieusement? Cette tâche d’un filleul à élever, à instruire, à établir, par les rapports constants que ces devoirs imposent, remplirait bien mieux leur vie et leur cœur que la solitude et la contemplation béate où beaucoup de religieux vivent encore en croyant

CÉLIBAT

honorer Dieu. Aimez-vous les uns les autres, n’esi-il pas le plus grand précepte de la religion chrétienne? Quelle leçon plus moralisante à donner par le prêtre que d’élever un orphelin à ses côtés, sous son toit ! On ne dirait plus qu’il est sans enfant, s’il prenait ainsi à sa charge les pauvres abandonnés l

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