DIVORCÉS VEUFS CÉLIBATAIRES MARIÉS
Hommes. . . 1390,8 776,3 475,6 275,5
Femmes. . . 171,8 77,5 61,3 43,5
Totaux . . 1582,6 853,8 536,9 319,0
A cet âge, le suicide des divorcés et des veufs est donc de beaucoup le plus fréquent, il n’y en a pas au-dessus ; tandis que les célibataires et les mariés se suicident avant. De 20 à 29 ans, il y a 455 célibataires hommes et 8J7 femmes, soit 54,2 à ajouter à ceux-là, tandis que les mariés ne sont que de 34,9. La proportion serait dès lors de 591,2 célibataires
contre 353,9 mariés, c’est-à-dire les trois cinquièmes
des premiers.
La propension au suicide dépend donc manifestement de la vie célibataire, puisque celui des mariés est à peine supérieur au neuvième du nombre total des divorcés, veufs et célibataires. D’où le rapport de ces trois catégories d’individus vivant hors du mariage. Les divorcés sont surtout prédisposés à se détruire. Dans le seul canton de Schaffouse, où il y a 106 divorces sur 1,000 mariages, le nombre des suicides s’élève annuellement à 602 sur 100,000 habitants.
En 1884, 7,o72 suicides se sont produits en France dont 888 par misère. Ils comprennent 1,600 femmes, plus de 100 enfants, et 300 jeunes gens de 16 à 21 ans. Le nombre de célibataires n’est pas autrement indiqué, mais on voit par là que cet acte de désespoir ou de folie est beaucoup plus fréquent dans la capitale que dans les départements.
La criminalité est surtout effrayante chez les célibataires. Sur 100 prisonniers, il y a 60 célibataires et 40 mariés, d’après la statistique générale en France. De 1825 à 1850, sur 100 accusés d’attentats contre la propriété, 58 étaient célibataires. Leur proportion était de 52 dans les attentats contre les personnes et de 64 sur 100 voleurs.
Sur 185,075 criminels jugés en Cour d’assises de 1826 à 1850, il y avait 104,197 célibataires, soit 563 sur 1,000 ou plus de la moitié. Si la qualification de célibataire est peu ou pas applicable à un certain
nombre de ces condamnés, en raison de leur jeunesse, il n’en résulte pas moins que c’est par les passions , les vices, la démoralisation , l’ivrognerie , la paresse, le libertinage — attributs ordinaires des jeunes garçons et des filles surtout — que ces crimes ont été commis, comme le rapport en justifie. Au contraire, il n’y avait que 1,850 veufs sans enfants, soit le dixième seulement. (Médecine des passions, t. P", page 120).
De 1828 à 1857, dit le même auteur, la proportion des célibataires s’est élevée et maintenue de 55 à 60 sur 100 accusés. (II, p. 145).
Une statistique générale de Bertillon, en Europe, a encore augmenté cette proportion. Étant de 100 pour les célibataires, elle n’est plus que de 49 pour les mariés, dans les crimes contre les personnes et de 45 contre les propriétés. Celle des veufs et surtout des veuves est en général plus élevée.
L’augmentation de la criminalité en France, démontrée par la statistique générale du docteur J. Socquet, de 1826 à 1880, accuse d’ailleurs spécialement les non mariés. Tandis que les accusés de meurtre et assassinat, âgés de 16 à 20 et 21 ans, étaient de 8 pour 100 de 1826 à 1830, ils s’élevaient à 9 en 1840 et à 12 de 1876 à 1880. Les plus jeunes de vingt ans montaient même à 13 pour 100 de 1870 à 1880, alors que la moyenne annuelle de ces crimes diminuait dans les proportions suivantes :