SA CONSECRATION ET SA MORT
" Je vous ai aimé tard beauté si nouvelle, je v
O mon Dieu, vous m votre cri force la surdité splendeur rayonne ; elle ment ; votre parfum, je que je soupire pour vous, me voilà dévoré de faim vez touché et je brûle du (St Augustin. )
, beauté si ancienne, ous ai aimé tard ! !,..
'appelez et voilà que de mon oreille ; votre chasse mon aveuglele respire ; et voilà je vous ai goûté, et et de soif ; vous m'adésir de votre paix !"
Céline vit venir avec un calme parfait les derniers moments de son existence ici-bas. Sa ferveur augmentait à mesure qu'elle approchait de cette heure suprême, et elle s'y préparait par tous les exercices de la componction.
Elle n'était plus maîtresse d'elle-même, lorsqu'elle pensait au jour glorieux de l'éternité, où il lui serait donné de voir et de posséder Celui qui est le souverain bien, la Beauté éternelle et incréee qu'on regrette toujours d'avoir aimée trop tard, quand on a passé un seul jour loin de son amour.
Quelques jours avant sa mort, elle demanda les sacrements qu'elle reçut avec une piété vraiment angélique, et un saint désir de voir son âme affranchie des liens du corps, pour être unie à Dieu et le louer éternellement dans le ciel. Elle voyait arriver avec joie ce jour, et disait avec un grand saint:
" Oui, nous avons un Dieu bien miséricordieux." Enfin, on crut devoir lui accorder
la grâce d'être consacrée ; grade qui n'était pas encore institué dans la
maison, comme c'est la coutume de le
faire pour 1rs pénitentes les plus exemplaires, dans les hospices analogues. La cérémonie se fit en présence du Très Saint Sacrement qu'elle allait recevoir pour la Beconde fois en Viatique, devant toute la communauté et un certain nombre de personnes séculières venues pour la circonstance.
Deux Soeurs, la supérieure et l'assistante, étaient agenouillées à sa tête, un cierge à la main. Après quelques paroles du Prêtre administrateur, Céline prononça d'une voix demi-morte la formule suivante: .
"Je, Céline, désirant assurer ma " persévérance et mourir en union avec " les saints Cœurs de Jésus, mon " aimable Sauveur, de Marie, ma bonne " Mère, avec l'esprit de Saint Joseph, " protecteur, >'t fie sainte Magdeleine, " patronne de cet asile, m'engage à " demeurer dans cette maison pendant " une année, à dater d'aujourd'hui, 19 " octobre 1854, et promets d'en suivre " fidèlement les pieux exercices.
" De plus, je fais vœu de garder la chasteté pendant le même espace de temps, espérant et désirant que ce vœu se prolonge pendant toute l'éternité !
Ainsi soit-il."
" En foi de quoi je signe la présente déclaration."
" Céline."
Lorsqu'elle arriva à ces paroles:
" Je fais vœu de garder la chasteté " il y eut chez elle un effort de voix énergique, et un accent tellement affecté qu'un sancrlot général éclata dans toute l'assistance. Puis le Saint Sacrement disparut de la chambre avec toute la réun'ion. pour laisser la mourante à ses ineffables consolations !
Le '25 octobre 1854, sur les huit heures et demie du soir, Céline éprouva une faiblesse qui fut le signe avant -coureur de la mort. Toute la
Communauté, Sœurs et Pénitentes, s assembla autour de la mourante, qui tenait dans ses mains défaillantes son Christ renversé, et sur sa poitrine, sa statue de la Vierge.
A ers les neuf heures, on remarqua sur sa figure un léger mouvement qu'elle n'avait pas coutume de faire, dans ses autres faiblesses. Sentant visiblement que c'était l'instant suprême, la Supérieure lui dit: "Oui, ma chère enfant encore une minute et vous serez au " Ciel avec Jésus et Marie! " Céline entendait encore; ell& ouvrit les yeux, porta sur toutes celles qui l'entouraient, comme si elle eut cherché à les fixer sur quelqu'une en particulier, Ils touillèrent et se reposèrent sur la petite protégée, la jeune protestante qu'elle avait dirigée, comme pour se bien assurer qu'elle la laissait en sûreté clans l'asile, et l'inviter à y mourir comme elle.
Puis, ranimant un reste de vigueur, elle fit un dernier effort pour disjoindre ses mains tremblantes qu'elle éleva avec ses regards vers le ciel...
Elle avait cessé de vivre ! ! !
Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur !
Heureuse Céline d'avoir pu expier sur la teri-e, de s'être mise à la recherche du Beau et du Bien, d'avoir connu Dieu et de l'avoir préféré à tout! Le Seigneur l'avait richement douée; et, si un moment elle parut faiblir dans l'épreuve de la tentation, elle n'en a pas été moins empressée à repousser dans la suite toutes les suggestions du malin esprit.
Bénie soit la divine miséricorde qui ouvre une voie .,' ■ salut aux âmes égarées. Bénie soit Mari . le refuge des pécheurs, qui leur obtient Ja grâce de la conversion et le bonheu* i'e réparer les tristes égarements de leur vrie, par une mort véritablement chrétie,.